Felix Monsonis

Né à Casablanca (Maroc) en 1949, l’enfant Félix Monsonis émigre en 1957 avec ses parents dans le midi de la France, à Salon-de-Provence, et vit, comme bien d’autres, une expérience de l’exil liée à la décolonisation. Félix a toujours dessiné, aussi loin que sa mémoire le lui permet, pendant et en marge des cours. A l’âge de monter à vélo, Thérèse, une flamboyante tante, lui offre une histoire de la peinture : « Los grandes pintores » dont les reproductions en couleurs le fascinent. Peinture occidentale et « culture d’islam » furent son fantastique berceau sensoriel dans cette métropole occidentale qu’est Casablanca, ville ultramoderne incrustée dans l’Empire Chérifien, et « capitale des années 30 », comme la définit J-M Wilmotte, paraphrasant Walter Benjamin.

À Salon-de-Provence, Raymond Mallerin, proviseur éclairé au Lycée de l’Empéri, remue ciel et terre pour ses élèves littéraires, dont il fait partie, et leur offre des sorties et des ateliers-théâtre et poésie. Les représentations de Don Juan de Molière mis en scène par Antoine Bourseiller, ou de Mère Courage de Berthold Brecht avec Maria Casares, entre autres, lui donnent le goût du théatre2 et de la poésie. Plus brillants, d’autres, comme Philippe Caubère, sortiront de là. En classe de philo, son professeur Marcel Dumont (1931-1998), peintre abstrait, lui enseigne l’esthétique de l’Espace de Noël Mouloud. Félix s’initie à la peinture de chevalet dans un atelier collectif qui exposera à Murs (Alpes de Haute Provence), et pose pour Pierre Cornu, peintre provençal. A Aix-en – Provence il participe à un atelier de théâtre animé par Philippe Adrien.

Cela n’est pas assez : aspiré par la vie culturelle parisienne, il monte à Paris. Il y suit les séminaires de l’École Freudienne (Lacan, J-A Miller, Ch. Melman, P. Legendre) jusqu’en 1980 et les cours de Nicolas Wacker (1897- 1987) à l’École Nationale de Beaux Arts. Il entre dans la vie professionnelle à l’Hôpital Psychiatrique de Villejuif où il improvise un atelier de dessin avec les pensionnaires, dont il fera une série de « Portraits psychiatriques ». Illustrateur, il collabore avec des nombreux journaux et revues. Avec Anne Eyguesier, sa compagne, il fait de fréquents séjours au Maroc jusqu’en 1980. Puis, marié et père de quatre enfants, pour devenir peintre décorateur, il suit une formation à l’Institut Supérieur de Peinture Van der Kellen de Bruxelles.

Régulièrement il participe à des expositions collectives et réalise aussi des expositions personnelles en tant qu’artiste peintre et plasticien. Peintre décorateur, il s’est spécialisé en peinture panoramique, trompe l’oeil, peinture d’ornement et en restauration de peintures murales. Depuis 2012, en Auvergne, à Pébrac (Haute-Loire), il organise des stages de peinture panoramique sur le terrain et en atelier.

 Pour les Arts Foreztiers de 2016, Félix Monsonis crée des YOUPALAS Célestes et , façonne dans son atelier de Saint-Ouen en Région Parisienne,  un  extraordinaire Marbre-Arbre de 200 cm sur 145 cm…

Un Youplala est un triboulet : c’est le surnom que je donne au triboulet.

Le triboulet, du verbe tribouler, ou tribouiller, s’occuper à manier, remuer, agiter (éventuellement agiter dans ses méninges), est un jouet ancien composé d’un perchoir et d’une figurine mobile; son montage simple permet à la figurine de faire des acrobaties. Ne pas confondre avec le youpala qui est un siège bébé obsolète!

Il peut représenter des personnages imaginaires ou bien réels, tels Yasser Arafat, Louis Stettner, etc… Il peut être aussi l’objet de portraits (sur commande). Il n’est pas une œuvre d’art au sens de Andy Warhol, c’est plutôt un objet d’art modeste au sens du MIAM![1]

Triboulet est le nom d’emprunt de Nicolas Ferrial, célèbre bouffon du roi à la cour de François 1er. Pendant la Renaissance, cette fonction était très en vogue à la cour. Elle permettait de se moquer ouvertement des courtisans et du roi, que Triboulet appelait en toute simplicité « mon cousin »[2].

Les Youplalas célestes illustrent sur le mode comique l’Ascension avec les figure centrales du Christ et de la Vierge Marie; à leur gauche celles de l’Ange et du Ressuscité de l’église de Blassac, les accompagnent ; Saint Charalampe guérisseur de la peste, à droite.

Dès l’aube du deuxième millénaire l’Ascension devient un thème majeur de la mystique chrétienne. Ce thème imprégna profondément toute la Vallée du Haut-Allier en particulier, et, selon Pierre Legendre[3], il généra la forme occidentale de la chorégraphie, jusque dans ses développements les plus contemporains.

Dans sa verticalité, bien que statique, l’arbre est frère de l’humain, et sa force ascensionnelle vers la lumière céleste lui donne sa ration quotidienne de respiration. Le « Marbre-arbre », illustre cette « ascension statique » au centre de laquelle Dieu le Père et le Saint-Esprit attendent la montée mystique du Fils et de sa Mère.

« Allez à l’essentiel: n’avez-vous pas besoin de jeunes arbres pour reboiser votre forêt? » disait René Char.