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Juillet 2020, fiertés

Le festival des Arts foreZtiers a eu lieu en juillet 2020, au sortir du premier confinement, dans l’été inquiet et heureux à la fois. Le thème était « la forêt nourricière ».

Le festival s’est tenu dans le bonheur de retrouvailles attendues, dans un désir intense de chanter et de danser. Une danse tribale, une danse qui se tente. Il s’est tenu resserré sur la Ferme Saint-Eloi, la buvette avec ses mets délicieux et fins s’étant montée tout contre la maison, le jardin devenant amphithéâtre et scène de spectacle. De timide et fraiche, la météo s’est faite pleinement solaire et chaude. C’était l’été dans toute sa splendeur.

Caméra au poing, Gabriel, jeune homme de quinze ans, allait à la rencontre des artistes. J’interviewais les artistes, il filmait. Quelques temps plus tard, il s’est attelé au montage et il a produit cette vidéo. Il n’a pas pu filmer tous les artistes mais sa vidéo nous donne un bon aperçu de la diversité de cette édition 2020 des Arts foreZtiers dont nous pouvons être fiers.

Fierté de faire vivre un festival quand tant d’autres n’ont pas eu lieu. Fierté d’avoir créé des scènes ouvertes de culture. Fierté d’avoir réuni des artistes de différents horizons même si certains n’ont pas pu traverser des frontières. Fierté de défendre la « forêt nourricière », « forest as common » ai-je envie de dire.

La forêt des Bishnoïs

La communauté Bishnoï a été fondée au Rajasthan autour de 1500dans les régions de  Jodhpur et de Bîkâner. Son guide premier est Jambaji (14511536) qui, durant toute sa vie a élaboré 29  (bishnoï en hindi) principes de vie que cette communauté indienne non-violente respecte  la lettre.  La philosophie de cette communauté résulte de l’observation du cycle de l’eau et des arbres, gardiens de la vie même du monde. De ce fait,  tout ce qui permet la vie et la transmission de celle-ci importe plus que toute croyance  religieuse spécifique. Les versets que récitent régulièrement les Bishnoïs expriment cette volonté de libérer l’âme et le corps de toute servitude religieuse ou intellectuelle,  tel que résume cette profession de foi :  « Je n’ai jamais été disciple d’une école pour demander la connaissance. Mais j’ai su la piété en consacrant mon moi à Dieu.  (…)[1]

La volonté d’épargner et de protéger toutes les créatures, animaux (dont les hommes) et végétaux, le refus de mutiler ni de tuer un végétal est une règle, même pour s’alimenter. Le bois de chauffage, pour exemple doit être ramassé mort et  aucune branche ne doit être arrachée ni même élaguée. Un des principes le rappelle fermement : « « si un arbre peut être sauvé, même au prix de la tête de quelqu’un, cela en vaut la peine ».

Historiquement, cette communauté de proscrits de la fin du XVème siècle s’était regroupée près du désert du Thar, dans une zone fragilisée par les guerres et la déforestation abusive liée au commerce du bois et les incinérations mortuaires. Ces errants ont mis en commun une réflexion collective et ont édicté des règles simples de respect du vivant. Parmi ces principes, la femme qui donne la vie est particulièrement respectée : elle jouit d’un mois de repos complet après l’accouchement et de cinq jours pendant ses règles. Vivant librement, elles peuvent se remarier, alors que dans l’Inde ancienne, les veuves devaient s’immoler par le feu après le décès de l’époux. La distinction entre « mâle » et « femelle » n’a pas grande importance pour ces penseurs, panseurs du monde. Cependant la robe des femmes est rouge pour symboliser le vivant, tandis que les vêtements masculins sont blancs pour souligner leur désir de pureté. Pudeur, simplicité, refus des commérages, non-violence, les modes de vie communautaires vont de pair avec l’infini respect qu’ils portent au vivant.

Aujourd’hui, cette communauté forte de quelque 800 000 personnes s’implante, au delà du désert du Thar dans des villes indiennes. De fait, la morale libertaire et non violente des Bishnoïs suscite une regain d’attention qui dépasse les frontières indiennes : après le reportage photographique de Franck Vogel, l’écrivaine française Irène Frain leur consacre un livre important [2]qui retrace leur histoire, des origines jusqu’au massacre mythique en 1730 où à la suite d’Amrita Devi et de ses filles, les Bishnoïs enlacèrent les arbres que le souverain de Jodhpur demandaient de couper pour construire un nouveau palais.

À cette époque, 363 personnes furent décapitées, lors de cette confrontation entre des soldats avides de gain et les villageois qui allèrent au martyre calmement, suscitant au fil des meurtres l’admiration ou l’effroi des sbires qui fracassaient à la fois les corps et les branches. Depuis cette épisode de la résistance, où femmes, vieillards et enfants périrent, la forêt des Bishnoïs est reconnue pour forêt sacrée en Inde, avec un titre de propriété qui perdure depuis deux siècles. Quatre vingt années plus tard, les arbres abattus qui formaient les centres des villages, les khejris (cousins des mimosas et des acacias), emblèmes du Rajasthan, ont été replantés et forment, dans un alignement régulier, un sanctuaire où chaque année, les Bishnoïs viennent honorer leurs paisibles martyrs. Et les gazelles revenues continuent à chercher de la tendresse auprès des femmes bishnoïs.

 En résumé de l’aventure des Bishnoïs, qui témoigne de mon attention aux récits littéraires et photographiques d’Irène Frain et Franck Vogel et, je voudrais citer une parole d’un des rescapés de la Shoah, le sculpteur Shelomo Selinger, polonais de naissance, puis naturalisé franco-israëlien :

 “La vie est plus sacrée que Dieu, s’il existe”… ou, disons le sur une autre pensée, cette vie fugitive est l’étincelle divine que le vivant transporte sur d’infinis possibles. 

Sylvie DALLET

 Bibliographie succincte : 

                                                                   


[1]Verset 6 : On peut prendre naissance en tant qu’Hindou : et être un yogi par l’endurance, être un brahmane par des œuvres pures, sacrées, être un derviche (ascète) par le cœur pur, être un mollah par la retenue du moi et par des pensées religieuses, et être un vrai musulman par l’intellect et en suivant les enseignements du prophète. »

[2]Irène Frain, La forêt des 29, Poche, 2012

Aimer les furtives

Un article de Céline Mounier.

L’été 2019, j’ai lu Les furtifs d’Alain Damasio. J’ai beaucoup aimé ce roman de science-fiction. J’ai été captivée par le personnage de Lorca, l’un des personnages principaux du roman. Dans ce roman, il y a des sons, de la musique, c’est un roman musical. D’ailleurs, un disque associé au roman est sorti avec à la guitare Yan Péchin. Peu de temps après avoir lu le roman, j’ai eu la chance de voir sur scène Alain Damasio et Yan Péchin. Voici un extrait des deux artistes sur YouTube. Une occasion de retrouver Lorca et d’aimer encore plus les furtives. Oui, ainsi au féminin.

Lorca est sociologue dans un laboratoire qui étudie les furtifs. Les furtifs sont comme des sortes d’animaux ou des forces d’énergie vivante, ils sont entre les deux. Géographiquement, dans tout le roman, on se trouve dans le sud de la France sur les bords du Rhône, dans une ville et sur les îles sauvages et pleines d’alluvions que charrie le fleuve.

Dans une bibliothèque, Lorca se concentre sur l’empreinte musicale. « Quelle empreinte ? Une forme de polyphonie rythmique des échanges, faite de salves et de contrepoints, scandée par des syncopes, des cris de matière, des petits pas, des appels, nappée du bois qui mute. Un jeu presque, qui s’en dégageait à force de lier par les oreilles ce qui semblait d’abord parfaitement et délibérément disjoint. Ça faisait penser à un jazz très expérimental, voire à de la musique concrète, imprévisible bien sûr, sans cadence ni temps pulsé, mais dont l’unité cependant finissait par être sensible. Sensible grâce à la texture très proche de la plupart des sons qui tous réfractaient la matière dominante du lieu où les furtifs constamment puisaient pour se transformer. Dans cette bibliothèque par exemple, le son texturait le papier, le cuir des reliures et le bois moderne des étagères, qui ne pouvaient qu’être le cœur des métamorphoses physiques. » (page 105). Il écoute les furtifs.

Le frisson est le souffle du furtif. « Et ce frisson ne prend corps et force qu’en se confrontant au monde concret. Il en a besoin, il y plonge et il y vibre » (page 328). Il y a là une ritournelle vitale. Le furtif est élan de vie. « A l’image du son, le furtif ne connaît pas d’état arrêté. L’imprévu est sa nature. Tous deux, furtif et son, relèvent de la transformation perpétuelle, impossible à bloquer, à fixer. En reconstitution permanente, ils sont l’autopoïèse dans sa plus pure expression, à savoir l’autofabrication agile de soi. » Ils sont du son et comme en danse permanente, leur empreinte laisse comme des traces qui ressemblent à des tags. Les furtifs écrivent des glyphes, des sortes de tags.

Photo prise à Avignon, une lumière trait furtif à l’annonce du soir

Lorca et son équipe vont à la rencontre d’une communauté de femmes aveugles dans une grotte. Elles expliquent le fonctionnement de leur cerveau, ce qui, par analogie pourra permettre de comprendre les furtifs : « Notre cerveau neuronal et nerveux est davantage disponible, disons, à des phénomènes physiques comme les ondes, l’accumulation de chaleur, l’humidité de l’air, un frémissement de tension… Par exemple, je peux sentir votre buée se dilater quand vous parlez, puis se dissiper doucement. Les furtives ont un impact spatial éminemment discret, hormis qu’elles bougent et se transforment sans cesse, si bien qu’une aura de présence se dégage malgré elles. » (page 223). Les furtifs seraient des furtives.

Elles seraient à la source du vivant. Lorca s’entretient quelque temps plus tard avec un scientifique : « Supposons que l’ADN ne soit pas l’essence du vivant. Mais juste un support de codage et d’expression de gènes. Et qu’il existe, plus profondément, autre chose qui informe les primes pulsations de la vie. Mon intuition est que le vivant est fondé sur des pulsations. Mon intuition est que le vivant est fondé que des partitions. Dès le stade la cellule. Des partitions vibratoires. J’entends par là : des séquences rythmiques de vibrations, ce que vous appelez vous le frisson mais que je conçois comme des modes d’agitation moléculaire. » (page 402).

En bon ethnologue impliqué, Lorca aime son milieu. On retrouve de l’énergie de l’enquête ethnographique du film L’étreinte du Serpent quand le personnage Karamakate accepte de chercher la yakruna qui guérit et permettrait d’apprendre à rêver. Lorca est comme emporté par une énergie digne de la musique du Sacre du Printemps de Stravinsky. Côtoyer les furtifs le rend de plus en plus souple, de plus en plus alerte. En même temps, il porte un regard critique sur la société des années 2040 avec ses « technococons » et autres « intechtes » qui façonnent un certain rapport à la cité, aux autres, à la consommation, aux loisirs et à l’autorité. Dans la société d’alors, chacun est replié sur soi et l’ordre économique gouverne l’ordre politique. Il épouse jusqu’à l’engagement total les causes de mouvements contestataires qu’il observe dans la société d’alors, froide et technicisée, avec des taxiles et ses vendiants.

Lorca découvre que des enfants peuvent muter furtifs. Le temps passe, Lorca devient de plus en plus furtif. Et il se sent bien mieux furtif. Recouvrer de la liberté, c’est devenir furtif.

Il part sur une île sur le Rhône, vit alors au sein d’une communauté dans la nature, « l’eau est partout. Elle glisse autour de l’île sans bruit, nappe à motif de ciel pour qui y jette un regard de surface. Mais si on descend dans la sensation, surtout la nuit, comme là, le volume en mouvement devient palpable ; presque angoissant. Tu ressens la masse pleine, et épaisse, et faussement lisse, qui à tout moment charrie des milliers de mètres cubes d’alluvions et d’organismes, de neige fondue et de pluies rassemblées. » (page 183).

Tout autant que la furtivité, l’animalité, la joie des corps qui se meuvent avec liberté. Lorca est emporté par des mouvements de vie, par tout ce qui échappe aux « routines du confort mort » (page 610), au « rapport de domination technolibéral » (page 618). Sentir la tension d’une tyrolienne entre des immeubles, sentir l’air des hauteurs de la ville, le corps qui est fluide, alerte et agile. « Il a cette fibre en lui de la fuite, cet instinct d’échapper aux pouvoirs, à la vision. » (page. 294)

Le sentiment sublime de décoller du sol. « Sa vivacité avait quelque chose de surprenant. Le furtif a du végétal, de l’animal. Une vivante inventivité de la voix. « Que c’était beau de l’entendre jongler avec la vitesse des éléments, le dénivelé et le moelleux d’un bois, la lenteur subite de l’écoute, tendue, et l’accélération chapechutée de ses pattes sur un lapiaz trop exposé, qu’elle griffait çà et là, à la façon d’une truelle sur un plâtre à lisser. » (page 481).

Je raconte maintenant quelles cordes en moi ce personnage touche. Je suis sociologue et j’ai toujours considéré qu’il faut aimer les univers que l’on étudie, que ceci n’est pas un vilain défaut que viendrait rappeler à l’ordre la recherche de la sacro-sainte objectivité. Je suis sociologue employée dans une grande entreprise et je dirais que je suis fière de la manière dont j’y exerce mon métier. Mon maître en sociologie, Renaud Sainsaulieu, me disait un jour que les sociologues sont des gens en colère contre la société, en recherche d’une société meilleure ou de bouts de société meilleure sur la base d’une analyse fine de ce que la société fait de mal à des personnes ou à des énergies, ou ce qu’elle ne fait pas assez pour libérer des énergies créatrices.

Souvent, j’observe et je suis partie prenante à la fois des lieux que j’étudie et des projets que des collectifs portent. Aujourd’hui, je me sens bien dans des espaces où on danse, où on chante libres dans la ville, où on imagine pouvoir planter des arbres, des forêts urbaines, où la vivacité se déploie avec douceurs et couleurs.

Le Rhône plein d’alluvions

Le personnage de Lorca représente alors un idéal, je deviens envieuse de sa capacité à devenir furtif et c’est là que la fiction est forte : elle donne terriblement envie de vivre sur les îles qu’il y a sur le Rhône, songeons à l’île en face d’Avignon, elle donne envie de créer des tyroliennes entre les bâtiments hauts des villes. Elle ravive ce désir que j’avais écrit dans un poème il y a longtemps. Depuis cette lecture, je photographie la ville différemment, je me sens prête à passer d’une vie cérébrale qui a longtemps été la mienne à un engagement sur un projet de permaculture, j’ai osé créer un spectacle au Festival des Arts foreZtiers !

Lecture de quelques extraits du chapitre 23 intitulé « Skymweg »

FEMMES & FORÊTS (4)

Cet article est issu d’une conférence donnée par Sylvie DALLET sur le thème « Haïti de tous nos rêves : les art et la littérature au chevet du vaudou »

Il me semble important, dans ce récit en épisodes consacré aux relations entre les femmes et les forêts, d’évoquer maintenant l’expérience d’Haïti, dans la mesure ou cette île de Saint-Domingue, dite la « perle des Antilles » au XVIII ème siècle et devenue la première République noire, suivant la Révolution américaine et précédant la Révolution française, à laquelle est est restée attachée par les idéaux et la francophonie. Les forêts occupent, comme pour les Celtes, un situation sacrée, où les esprits prennent racine. De ce fait, la déforestation fragilise aujourd’hui à la fois la vie coutumière des campagnes et la croyance aux esprits protecteurs.

Dans cette société composite de noirs bossales (nés en Afrique), de créoles plus ou moins métissés avec les colons français, la religion vodou a prospéré dans l’espace forestier, avec une large reconnaissance des femmes, et ce, malgré les séquelles de la colonisation. Cette singularité s’est exprimée dans les romans et les bandes dessinées, telle la série Les Passagers du vent.

Pour résumer, le vodou est une religion syncrétique issue du Dahomey qui s’exprime en Haïti (et dans une moindre mesure en Guyane et aux Antilles),  comme la résistance spirituelle des hommes et des femmes issus de la traite négrière.

Construite sur une généalogie d’esprits, dans une double relation féminine et masculine comme l’antique religion gréco-latine, le vodou s’incarne principalement, au XVIIèmeet XVIIIèmesiècle, par des cérémonies collectives nocturnes et forestières, qui organisaient la résistance contre le système des plantations (sucre, cacao, café). C’est, en effet, au travers les forêts que la fuite des esclaves pouvaient être possible : les évadés étaient désignés sous le nom de “marrons” (ou nègres marrons) dans les Antilles. En Guyane française, les Bushinengue (les hommes et les femmes de la forêt) étaient le plus souvent échappés des plantations de la Guyane hollandaise (actuellement le Surinam) où les conditions de travail étaient féroces. Un traité avait même été conclu avec ces communautés forestières guyanaises sous la royauté, afin qu’ils soient les auxiliaires de surveillance contre les incursions possibles des Hollandais.

Les pratiques vodouisantes, tolérées ou réprimées, diffèrent en profondeur des cérémonies catholiques,  attachées à des lieux officiels partagés avec les colons français, tels que les églises. Les esclaves (bossales, créoles) en lien avec les nègres marrons organisent dans les forêts des cérémonies  clandestines où la transe, les chants, les danses  et les tambours permettaient à la fois de supporter les douleurs de l’esclavage, de se fortifier mutuellement et de rester en contact avec les énergies protectrices des ancêtres africains, ewe  ou loas. Pour exemple, Ayida Wedo, bienveillante déesse des nuages et de la pluie a pour attribut la couleuvre arc en ciel. 

Les cérémonies sont dirigées par des prêtres les hougans, ou des prêtresses, les mambos, par des offrandes de nourritures non transformées, telles le lait, le miel, les viandes d’animaux sacrifiés.  Le héros de l’indépendance haïtienne, Toussaint Louverture, était un « docteur – feuilles » c‘est à dire un guérisseur respecté avant d’être le héros de l’Indépendance haïtienne.  Les arbres sacrés du vaudou sont jumeaux guérisseurs : le caïmitier et le figuier. Le caïmitier, haut de quinze à trente mètres, porte le nom créole de « pommier étoile » et son tronc recèle du latex.

De ce fait, les cérémonies forestières mixtes revêtent une grande importance dans la transmission de la mémoire haïtienne. Les écoliers apprennent aujourd’hui que le déclenchement de la révolte qui devait consacrer Haïti comme première république noire du monde contemporain est le fruit du serment du bois Caïman (Bwa Kayiman)  le 14 août 1791. Le serment de la libération se fit près d’un caïmitier à l’appel d’un hougan du nom de Dutty Boukman  (marron d’origine jamaïcaine) et d’une mambo locale, Cécile Fatiman (Louise-Geneviève Coidavid 1771-1883). L’insurrection eut lieu  dans la nuit du 22 au 23 août, détruisant plus de mille plantations. Tandis que Boukman devait périr au combat, Cécile Fatiman, ayant épousé le général Jean-Louis Pierrot en 1812, devenait première dame de la République haïtienne de 1845 à 1848 et mourut à 112 ans.

La littérature s’est longtemps substituée aux arts plastiques pour la représentation et la symbolique des événements forestiers d’Haïti. les noces mystiques de Manuel et d’Anaïse dans le roman Gouverneurs de la rosée de Jacques Roumain (1944) se révèlent au pied d’un figuier sacré, aux promesses d’une eau recouvrée. Dans un roman postérieur qui popularise le quotidien du vodou et des campagnes haïtiennes,  Les Arbres musiciens, Jacques Stephen Alexis (1957) évoque la liberté apportée par les arbres, particulièrement les arbres-reposoirs des esprits féminins et masculins, plantés au pourtour des lieux de cérémonie :

« Arbres reposoirs et arbres de coupes les conifères et les orchidées…«Les pins se balancent haut dans le ciel. Ils sifflent à perdre haleine et jettent leur mélodie sombre dans le grand jour qui rayonne sur la forêt. Gonaïbo et Harmonise, la main dans la main, s’en vont parmi les arbres, empoignés par la vaste voix des conifères. » 

FEMMES & FORÊTS (2)

Second épisode : De l’imaginaire celtique à Mélusine

L’Histoire de l’Europe va se reconfigurer par l’arrivée des peuples Celtes, qui, au contraire des Méditerranéens, pratiquent une astrologie végétale, dont on retrouve aussi des traces en Afrique du nord, dans l’astrologie berbère.

Ces peuples d’origine indo-européenne se sont étendus dans la partie occidentale de l’Europe entre le VIIIe siècle  (av. J.-C). et le VIIe siècle (apr. J.-C), avec des variantes germaniques telle qu’en atteste leurs noms écrits par César lors de la Guerre des Gaules.

 En l’absence d’écrits, les vestiges archéologiques attestent de survivances matriarcales : la femme Celte peut, (à l’inverse de la femme romaine qui ne possède que des droits restreints), arbitrer des conflits politiques, assumer des tâches de prophéties et de guérison, en druidesses égales des druides. À Rome, la femme est dite “sauvage”, tandis qu’en Gaule et sur les territoires contrôlés par les Celtes, cette “sauvagerie” est une qualité qui la rapproche de la vie originelle. Parmi les déités féminines associées à la guerre et à la prédiction, la déesse Morrigan préside aux batailles, avatar de la mère de tous les dieux : Brigit ou Brigzntia. Cette haute déesse, analogue à la Gaïa grecque, est aussi protectice des arts, est patronne des  druides, des bardes (poètes), des vates (divination et médecine) et des forgerons. Elle est décrite comme une déesse triple ; elle a deux sœurs qui s’appellent elles aussi Brigit. Ce sont Brigit la forgeronne et Brigit la poétesse, elle-même étant guérisseuse. Cette triple fonction se retrouve aujourd’hui dans le panthéon vodou dont les Antilles, et particulièrement Haïti, portent encore la trace. 

La société celtique considère que la Nature préside au politique : certaines zones frontalières entre tribus correspondent à des éléments naturels, comme  les cours d’eau ou les reliefs boisés du terrain. Les Celtes accordent une attention particulière aux forêts tribales, gérées par des populations qui les révèrent. La pratique des forêts-frontières  ritualise le paysage forestier : dans une relation de voisinage négociée, les peuples celtes banalisent une  bande forestière de largeur variable, sur leur frontière commune, en considérant que celle-ci était dédiée aux Dieux. Dans cet espace neutralisé, on érige un sanctuaire religieux commun, un nemeton, domaine des druides (et des druidesses)  des deux tribus. La traversée en armes de cette zone était interdite.

 De ce fait, des déités veillent sur les forêts jusqu’à leur donner leur nom : la déesse Abnoba protège le mont où (selon historiensTacite et Pline), le Danube prend sa source. Abnoba est aussi patronne de la Forêt-Noire : Abnoba Mons ou Abnoba silva. Elle est une divinité topique celte de la faune à l’instar de la déesse Arduinna (nommée Diana Arduina par les Romains)  , à l’origine de la dénomination des massifs forestiers des Ardennes. Ainsi la forêt-frontière était un espace de paix dédié à la spiritualité féminine, qui apaise les conflits de voisinage. L’historien romain Tacite évoque la figure de la druidesse germanique Velléda, qui, dans le premier siècle avait  des dons de prophétesse (Veleda signifie “la voyante”) mais aussi de cheffe politique jusqu’à sa capture par les Romains. . 

Cette place de la femme dans la société celte se retrouve au travers  des cycles littéraires  postérieurs, tel le cycle arthurien avec les fées Viviane et Morgane. Morgane serait une variante gaélique de Morrigan et les deux personnages peuvent se transformer en oiseau, particulièrement en corneille, qui est l’oiseau de la mémoire.

Mélusine

Figure mythique brillante, Mélusine est une fée française aux origines celtes, dont la popularité perdure jusqu’à l’époque moderne autour du roman de l’Astrée.  Mélusine est dite parfois « Méloursine », ce qui évoque la Grande Ourse, la Polaire, impliquant qu’elle guide vers la lumière. Mais elle est dite également Mélousine :  le mot « oues » désignait jadis l’Oie. Il y avait jadis à Paris, une « rue aux Oues », déformée par la suite en « rue aux Ours ».

 Cette fois elle présente la facette de la « Mère Loi », gardienne de la Loi Cosmique. Les fées ont le pouvoir de métamorphose animalière, selon la tradition ancestrale chamanique. En un mot, cette fée cosmique de la lumière et des eaux qui n’est pas sans lien avec les Nonnes, Nornes ou Parques du destin géco-latin. Dans Les Amitiés Foréziennes et Vellaves(n° 15, 1923) Antonin Bertrand écrivait que dans ces contrées la fée portait le nom de Mélicine « la Tisseuse » ou la Tisserande.

La tradition des fées gauloises est issue de ces femmes de pouvoir gauloises, irlandaises ou germaniques,dont la renommée connait de multiples avatars : les récits de Mélusine  sont pourtant bien ancrés en Auvergne comme en Bretagne.

Mélusine en effet, est un fée – vouivre, épouse  du comte Robert ou Raimondin,  qui l’aide à bâtir selon la légende, les villes du Forez. On retrouve Mélusine dans l’Allier comme dans les Bouches-du-Rhône, dans la Vienne ou dans les Vosges. Selon la légende qui tente d’accorder la Bretagne à l’Auvergne, le chevalier Hervé de Léon  quitte sa contrée parce que le roi des Bretons le tient pour responsable de la mort de son neveu. Le proscrit  arrive sur les hautes montagnes voisines des sources de plusieurs grands fleuves. La contrée n’est pas habitée, si ce n’est par une belle dame qui, près d’une source, lui accorde ses faveurs. La légende arverne est presque identique : Mélusine à la fontaine s’éprend du comte Raimondin de Lusignan, après que celui-ci ait été proscrit du Poitou. Ensemble, ils défrichent, bâtissent  plusieurs forteresses,  créent des villes et en peu de temps, la région, devient prospère. Se pose alors la question de donner un nom à  cette terre et comme ils l’avaient trouvé couverte de forêts ils la baptisent Forez… Raimondin, forçant l’interdiction faite par Mélusine de la voir le samedi, découvre la métamorphose animale de son épouse en serpent ailé. Tandis que la fée qui n’a pas achevé sa métamrphose s’enfuit dans les airs,  ses dix enfants gardent au corps une marque animale. 

Ecoutons Henri Dontenville, historien de la mythologie française :

« Mélusine est une divinité apparentée à  la notion de lumière. La France compte des toponymes partout semblables, Lusignan, berceau de Mélusine, Lézignan, Lésigneux, Lusigny… dans lesquels transparaît la notion de lumière, de blancheur, de clarté, caractéristique qui conviendrait à  cette déesse Lucine, correspondant à  Lucie. Il rappelle que cette parenté avec la lumière trouve écho dans les noms de Luxembourg par exemple ou Lusitanie (Portugal), le dieu Lug des anciens Celtes et tous les noms géographiques qui en découlent. »

À propos des origines mythiques du Forez, né de la rencontre d’un chevalier errant et d’une dame lumineuse, l’écrivain auvergnat Honoré d’Urfé  (son roman de l’Astrée  est écrit entre 1607 et 1627), propose une autre version en faisant du Forez un lac qu’assécha Jules César et qui fut gouverné ensuite par la reine Amasis, au nom de la déesse Diane. Honoré d’Urfé  reprit aussi le thème de la fontaine de Mélusine qu’il nomma fontaine de la Vérité d’Amour.  Grande figure de « la fée à  la fontaine », un des deux archétypes dégagés par le médiéviste Pierre Gallais  (cf La fée à la fontaine & à l’arbre,un archétype du conte médiéval merveilleux,1992), Mélusine est à  rapprocher d’Ondine, une fée aquatique. Mélusine, réunissant des attributs de la Nature créative et de la fertilité, demeure cette fée céleste et sylvestre dont le souvenir irrigue l’Auvergne. Les chapiteaux du Puy en Velay, de l’abbaye de Chanteuges portent des sculptures de femmes- sirènes… et d’hommes sangliers. 

FEMMES et FORÊTS (1)

une histoire longue ….

Cet article est issu de la conférence de Sylvie DALLET donnée lors du Festival des Arts Foreztiers 2020.
Il est découpé en chapitres dont voici le premier, consacré à la Préhistoire et au monde gréco-latin.

Bertha Wegman (1847-1926)

 Pour en comprendre l’évolution, il faut penser la comparaison dans l’espace et dans le temps.

Des profondeurs du temps, les femmes jouent un rôle fondamental dans la conservation des forêts et ceux pour plusieurs raisons qu’il convient de définir ou de rappeler. La forêt est à la fois un refuge et un lieu de nourriture abondante de racines, de champignons de plantes et de graines, pour celles qui savent en reconnaitre les vertus.  La première partition des tâches concerne sans doute concerne cette glane des espèces végétales comestibles ou curatives, alors que la chasse mobilisait plutôt les hommes, mais sans exclusive. Selon la végétalisation des sols, les femmes ont assuré, au sein des communautés, des tâches spécifiques qui, du soin au nourrissage, dépendaient en grande partie de la manne  forestière.

La Protohistoire du 6eme au 4eme millénaire avant notre ère, ’inscrit sur une vaste période, dont les connaissances évoluent  au gré des études de terrain, mais aussi, comme pour l’étude du monde vivant, en fonction des modes et des idéologies du temps présent. La préhistorienne américaine d’origine lituanienne, Marija GIMBUTAS (« Le langage de la déesse ») a révolutionné l’approche classique sur un espace  flou qu’elle appelle « la vieille Europe » :  attentive à la permanence des cultes agraires, elle a procédé à des inventaires minutieux qui révèlent des cultes à la Grande déesse sous des formes diverses : ourse, serpent, oiseau, autant de métamorphoses significatives du féminin protohistorique.

 Cette longue période va est brutalement confrontée à des migrations de peuples nomades Kourganes, venus à cheval et sans grande considération pour les populations liées au végétal.
La rupture s’effectue en effet par l’arrivée de ces « peuples à tumulus » venus de la région de la Volga  (sans doute plus loin encore), modelant de leurs rites l’espace indo-européen  d’une empreinte qui s’exprime entre – 2800 ans et 1500 ans. Issus d’une tradition migrante, ils vont se heurter, puis partiellement se fondre à une population  aux rythmes agraires, dont les cycles de fécondité étaient accolés à la puissance d’enfantement des femmes. Si l’espace européen des plaines ne peut résister à ces arrivants, les îles méditerranéennes présentent encore des formes archaïques liées à la période précédente : en Crète pour exemple, l’archéologue relève des figures de déesses dansantes, liées aux cycles de la végétation. .

 Sur cet espace-temps distendu, les informations se précisent désormais permettant des comparaisons fécondes.  Les plus anciennes expressions du divin mentionnent la déesse Oiseau et déesse serpent qui métamorphosent la matière ou l’élèvent. L’étoffe dont on fait les rêves est une matière végétale qui est très tôt transformée par le tissage. La dame au filet apparait sur des gravures ou peintures rupestres : elle qui est à l’origine de la Terre, dans sa fécondité reproductrice devient la déesse fileuse, tisserande et déesse du destin, de la métamorphose et des arts.

 Outre ces représentations, la déesse mère Reine des Montagnes et maîtresse des animaux sur des appellations récurrentes telles que  la Grand-mère Ourse, ou la  patronne des bisons des cerfs et des lions. En effet,  les mots anciens témoignent des racines communes : Bher  signifie enfanter  et l’anglais qui en dérive bear, signifie l’ourse. L’analogie des cycles explique aussi l’analogie des expressions consacrées : les bisons portent neuf mois…

Gardienne des ressources de la forêt, le thème de la femme sauvage est associé aux attributs  animaliers tels que: tête de taureau, abeille, papillon, grenouille, crapaud, hérisson… que l’on retrouve sur différents légendaires.

Les Grecs et Romains conservent ces filiations à la fois dans l’étymologie et la reconnaissance de  parité des dieux et des déesses.

Dans l’Antiquité, la femme  et la sylve  sont des noms féminins de même que la nature

 Plusieurs récits mentionnent cette filiation de la femme et de la forêt. Le poète Ovide mentionne que Callisto, suivante de Diane est transformée en ourse…. Tandis qu’Artémis et Athéna portent des attributs animaliers.   

La croyance des peuples gréco-romains en l’existence réelle de divinités forestières aurait eu pour fonction de les empêcher de détruire les forêts car pour couper les arbres, il leur fallait d’abord consulter les ministres de la religion et obtenir d’eux l’assurance que les dryades avaient abandonné la forêt qu’ils comptaient couper.

Les dryades ont l’apparence de très belles jeunes filles et incarnent la force végétative des forêts dans lesquelles elles peuvent errer en liberté nuit et jour. L’antique Dryade est à la fois  issue de la mythologie du chêne (force et longévité) et celle du jardin des Hespérides (le jardin de la fécondité; planté de de pommiers aux pommes d’or, offert par la Terre-Mère Gaïa, lors des noces de Zeus et d’Héra)  ; La tête portait souvent une couronne en feuilles de chênes et elles tenaient parfois des branches d’arbres portant leurs feuilles et leurs fruits. En tant que gardiennes des forêts, les nymphes étaient parfois représentées avec une hache entre leurs mains, afin de punir ceux qui s’attaquaient aux arbres dont elles avaient la garde.  D’autres représentations de dryades vêtues d’une étoffe vert foncé, avec des chaussures en écorce d’arbre.

Dépeintes comme les divinités mineures protectrices des forêts et des bois, elles étaient aussi fortes et robustes que fraîches et légères et formaient des chœurs de danse autour des chênes qui leur étaient consacrés. Elles pouvaient survivre aux arbres placés sous leur protection car contrairement aux hamadryades, elles n’étaient pas liées à un arbre particulier.

Ces nymphes étaient représentées dans l’art sous forme de femmes dont la partie inférieure du corps se terminait par une sorte d’arabesque dont les contours allongés figuraient un tronc et les racines d’un arbre. La partie supérieure du corps était nue et simplement ombragée par une chevelure abondante flottant sur les épaules de la nymphe, au gré des vents.

Éthiques & mythes de la création, retour sur le Festival 2020

Entre juillet et septembre, la communication sur le Festival des Arts Foreztiers s’est surtout exprimée parle médium de Facebook. Nous revenons à un moment parisien du 3 octobre 2020 qui nous permettra de faire un premier bilan du Festival 2020 riche en émotions et en découvertes.

Cet événement est organisé par l‘Institut Charles Cros, créateur, puis partenaire du Festival et le Centre d’Histoire culturelle des Sociétés contemporaines (Université de Paris Saclay). Il s’agit d’une rencontre du séminaire « Éthiques & mythes de la création », qui, animée pr Sylvie Dallet, professeure des universités (présidente de l’Institut Charles Cros et du Festival) se déroulera le 3 octobre 2020

Site de référence : http://www.institut-charles-cros.eu

au 24 rue des écoles à Paris, de 10 à13 heures.

Pourquoi cette première rencontre ?

Le séminaire ÉTHIQUES et MYTHES de la CRÉATION (EMC) explore l’imaginaire qui préside à la création des savoirs.Pour ce faire, il conjugue concrètement des expériences artistiques et de terrain avec des exposés théoriques dans une perspective de compréhension globale des processus créatifs.

Cette confrontation transdisciplinaire associe les images, les sons avec les diverses formes de l’écrit, désormais transformés par les arts de l’enregistrement, qui sont des relais. Notre société démultiplie ces relais, qui sont des échos, des matières à narcissisme, mais aussi qui contribuent à réinventer des liens de proximité, enchâssés  dans notre existence par des processus mythiques. Il convient d’examiner cette fluidité mythique qui se transforme et perdure au travers des médias. Pourquoi associer l’éthique avec la création ?  ’éthique est une dynamique forte qui conjugue les arts, les sciences et la perception que chacun se fait de la construction des savoirs et du vivre-ensemble. L’éthique devient la ressource secrète de la création, dans une démultiplication d’aventures, de figures et de postures paradoxales, de la communion à la transgression des valeurs.

Le séminaire Éthiques & mythes de la création, présenté par l’Institut Charles Crosetle Centre d’Histoire Culturelle des Sociétés Contemporaines(EA 2448, université de Versailles St-Quentin, UVSQ),  correspond à un rendez-vous scientifique pérenne, lié au projet international de recherche «Éthiques de la Création».  

Le séminaire se déroule dans l’espace Harmattan, 24 rue des écoles à Paris, dans le respect des gestes barrière.

Pour toute question et inscription (le séminaire est d’entrée libre, dans la limite des places disponibles),  courriel : sylvie.dallet@uvsq.fr

Samedi 3 octobre                           

Séance :« Résistances culturelles à la pandémie (l’exemple du Festival des Arts Foreztiers) » séance de matinée de 10 heures à 13 heures.              

         La séance du 3 octobre 2020 fait le point sur la dynamique du Festival de création des Arts Foreztiers,maintenu sur le village de Chavaniac-Lafayette en juillet 2020 malgré les inquiétudes institutionnelles liées à la circulation de la pandémie. Cette résistance à la peur a suscité une véritable expérience collective artistique et de parole autour du thème : La forêt nourricière. Ce Festival de plein air a, en effet,  réuni un public enthousiasteautour d’une soixantaine d’artistes et conférenciers. Le séminaire Éthiques & mythes de la création a, pour cette occasion,  été délocalisé dans le village, autour de quatre conférences spécialisées.
En convergence, le séminaire du 3 octobre accueille aussi  une conférence russe sur l’expérience de Tseh Knigi, atelier de livres d’artistes liées à l’espace forestier.

 

  • introductionSylvie DALLET  :  « La forêt nourricière, ses mythes et ses enjeux. Le Festival des Arts Foreztiers et sa légitimité culturelle et environnementale en période de crises et de contraintes sanitaires.  Le rôle du site internet  (www. lesartsforeztiers.eu) et des relais Facebook » 

Sylvie Dallet a fondé le Festival des Arts Foreztiers en 2010 sur un village altiligérien de montagne. Cette manifestation estival se déroule en biennale        sur différents lieux ouverts du village et réunit artistes et conférenciers autour de thèmes lié à la forêt : L’arbre du milieu du monde, Bestiaire enchanté, botaniques célestes et en 2020, La forêt nourricière…

Sylvie Dallet, professeure des universités (Arts) est, par ailleurs, membre du Conseil d’orientation, de recherche et de prospective (CORP) de la Fédération des Parcs Naturels Régionaux.

Les témoignages sur l’expérience des Arts Foreztiers  depuis dix ans: certains artistes seront présents (Virginie BOURSETTE, Albert DAVID, Bérengère d’ORSAY, Olga KATAEVA-ROCHFORD, Céline MOUNIER, Élisabeth TOUPET….)

                   Une présentation d’un collectif russe  TSEH KNIGI, un Atelier de livres d’artistes ( http://www.laforesta.co/visual-strolls, par Sara MAGAMBETOVA, cofondatrice de ce collectif, peintre, scénariste et écrivaine, passionnée de céramique et de travail du bois. La galerie web des deux artistes fondatrices, correspond à une réflexion collective sur les forêts. 

Festival des Arts Foreztiers, programme

 Le Festival de création des Arts ForeZtiers explore les expressions artistiques qui témoignent du respect envers la forêt et le Forez, dans la diversité des expressions contemporaines (arts plastiques, danse, photographie, vidéo, film, installations, musique, poésie, etc…). De 17 au 20 juillet, le thème de la Forêt nourricière est à l’honneur par une cinquantaine d’artistes exposants et conférenciers.

En juillet 2020, le Festival fête son dixième anniversaire …. un programme un peu modifié en raison de la pandémie( pas d’invitations internationales), mais encore plus stimulant pour nous faire réfléchir …

Plusieurs lieux du village de Chavaniac-Lafayette (43) en salles ouvertes et en extérieur, dont le jardin de la Ferme Saint Éloi, les entrepôts du Prévent et la salle des fêtes accueillent les œuvres, des performances et installations, une buvette, un espace de plein air pour les ateliers de lecture ou de création.

Les visiteurs déambulent naturellement d’un lieu à un autre, un bénévole (souvent l’artiste lui-même) se consacre, sur certaines plages horaires, à l’accompagnement de visiteurs en leur présentant les différents événements et œuvres, dans le respect des gestes barrière (et mise à disposition de gel et masques).

Expositions

sur les différents lieux du Festival……

La galerie terres d’Aligre, dédiée à la céramique contemporaine et aux métiers d’art, présente une exposition collective sur le thème de La Forêt Nourricière.

Chaque artiste s’est emparé du thème avec sa démarche créative personnelle, son univers esthétique et ses savoir-faire : assiettes et plats décorées façon Forêt Nourricière, sculptures d’arbres, de graines, bogues, faînes et autres gibiers ! Des œuvres murales ou à disposer comme chemin de table… Une projection vidéo « des Marches » de Lou Perdu sera projetée en en continu.

Dans la salle des fêtes de 10h à 19h, du vendredi 17 au lundi 20 juillet 2020.

Exposition de photographies liées aux métiers du bois : en coordination avec le thème du Festival, l’association mémoire de Chavaniac Lafayette,  Adrienne & Eugénie présentera des photographies liées aux métiers du bois.

Gustave Courtet présente dans la cour gazonnée de la salle des fêtes les samedi 18 et dimanche 19, une démonstration de moissonneuse miniature de sa création.

Salle des Fêtes : de 10 heures à 19 heures du vendredi 17 au lundi 20 juillet.

Expositions des œuvres plastiques et sculptures, installations et vidéos

Ferme Saint Éloi et remises & entrepôts du Prévent

Tous ces espaces sont soit en plein air, soit ouverts largement pour permettre la promenade devant les oeuvres.

Librairie :

La librairie terres d’Aligre présente un choix de livres sur le thème du festival. Les livres de la Clairière sont prêtés par la Bibliothèque de Montreuil.

Dans la salle des fêtes de 10h à 19h, du vendredi 17 au lundi 20 juillet 2020.

Animations créatives :

La situation du festival, en déambulation libre,  nous semble propice à expérimenter de nouvelles pratiques, une autre approche pour se déplacer, rencontrer et échanger avec les autres, se croiser, attendre son tour à la buvette… gestes si ordinaires que nous accomplissons spontanément, automatiquement et qui tout à coup doivent être incarnés, pensés, reconsidérés dans la distance. Nous devons partager une culture d’après la pandémie, dans le respect des gestes barrière comme une nouvelle danse…

En journée :

S’il te plait, lis-moi cette histoire…

À la Clairière, les jeunes et moins jeunes enfants peuvent retrouver ou découvrir l’univers imaginaire de la forêt à travers les contes, les histoires, les images et de belles illustrations. Ils pourront lire, feuilleter et… demander à Claire de leur lire l’histoire qu’ils auront choisie.

Dans le jardin devant la salle des fêtes de 10h30 à 12h30 et de 15h30 à 17h30, du vendredi 17 au lundi 20 juillet 2020.

Des Marches

Depuis plusieurs années lors de ses promenades dans la forêt Lou Perdu réalise de courtes vidéos.Elle a mis au point un scénario qu’on retrouve dans chacune des séquences.  L’appareil photographique, dirigé vers le sol, est tenu avec les deux mains au niveau du ventre. La vidéo débute par une vue du sol et de ses pieds. Puis Lou se met en marche et lève petit à petit son objectif jusqu’à la dernière image qui clôt la séquence.

Dans la salle des fêtes, vidéos en boucle de 10h à 19h du vendredi 17 au lundi 20 juillet 2 et exposition de photos.

Promenade Biopoétique

Cette promenade au travers le village sera animée par le conteur et biologiste Christian GrenouilletFleur de Centaure qui nous fait découvrir des végétaux ignorés. Cette déambulation inspirée ne doit pas dépasser trente personnes.

Rendez-vous  dimanche 19 juillet à 11 heures, Ferme Saint Éloi. La promenade contée dure environ 80 minutes, participation 10 euros par adulte.

Inscriptions : artsforeztiers@orange.fr

Peindre ensemble

Un classique des Arts Foreztiers depuis sept années… le grand tableau collectif du dimanche 19 juilleten après-midi rassemble les artistes avec le public, convié de participer au tableau collectif, conçu sur le thème de l’année.

Jardin de la salle des Fêtes.

Animation peintures tuiles « Visages de l’Humanité » animé par Martine Guitton.

Jardin ferme Saint Éloi, matinées.

Visite guidée de l’exposition, en présence des artistes, par une conférencière du SMAT Pays d’Art et d’Histoire

Rendez vous Ferme Saint Éloi samedi 18 juillet, à 14 heures 30

En  fin de journée et soirée

Animations musicales de plein air

Le samedi 18 

Des chants avec Céline Mounier ; des musiques électroniques inspirées de l’énergie des plantes avec Albert David.

Ferme Saint Éloi (jardin) à partir de 18 heures 30

Le dimanche 19

Kora, piano et marionnettes, avec Zakaria, Ahmad Ouedraogo, Fabien Auréjac

Ferme Saint Éloi (jardin)  à partir de 18 heures 30.

Des conférences / dialogues

Rencontres et dialogues sur l’alimentation, métiers du bois, déforestation & cultures industrielles, forêt des contes, femmes & forêts….

Les  conférences se déroulent à 16 heures, à la Ferme Saint Éloi en plein air où, s’il pleut, dans les entrepôts ouverts du Prévent.

La promenade et la cueillette sont des activités qui expriment notre désir de garder ou retrouver le lien avec « des choses simples ». Certaines se sont transmises à travers les siècles : reconnaître les plantes comestibles des non comestibles ! D’autres notions ont en partie disparu : éviter la cueillette excessive, choisir le meilleur moment pour cueillir…

Vendredi : « Cueillir la montagne »

Le sociologue spécialiste de la Margeride, Martin de la Soudière abordera différents aspects de la cueillette et les différentes facettes des cueilleurs / cueilleuses d’aujourd’hui. Il parlera des myrtilles, des champignons, des lichens… Son livre « Cueillir la Montagne » (coécrit avec Raphaël Larrère) est un de ses premiers ouvrages. les textes seront lus par le comédien Gérard Lefort.

Samedi : «  Femmes & forêts, les mythes »

Sylvie Dallet, professeure des universités (arts) , autrice, membre de la Société internationale de Mythanalyse et du Conseil d’Orientation, de recherche et de Prospective de la Fédération des Parcs Naturels Régionaux,  amorce un dialogue sur les femmes et les contes & récits de la forêt. Sylvie Dallet a crée le Festival des Arts Foreztiers en 2010. En 2020, les deux tiers des artistes qui exposent ou performent au Festival des Arts Foreztiers sont des créatrices.

Dimanche : « Une Forêt jardinée »

L’association « Et Pourquoi pas » (Blassac- Haute Loire) sur l’art et la manière de s’y lancer… Comment concevoir et préparer une forêt jardin. 

En la présence de Nathalie Boudoul, vice-présidente du Parc Naturel Régional du Livradois Forez, qui compte la commune de Chavaniac Lafayette parmi ses membres.

Lundi : « Sylviculture et transformation du sauvage»

Avec Gautier Blanc, technicien au Centre régional de la Propriété forestière (Communauté de Communes des Rives du Haut Allier). Il abordera les métiers du bois et de la régénération forestière.

Artistes, conférenciers et partenaires

Les numéros ( ) correspondent aux départements d’origine des artistes

ARTISTES EXPOSÉS

Sculptures céramiques

Cécile Auréjac (43), Dominique Bajard (42), Nicole Crestou (18), Céline Danet (77), Jean-Michel Doix (89), Fany G (18), Émilie Gavet (18), Jocelyne Guérin (19), Marie-Pierre Lamy (76), Élise Lefebvre (87), Blandine Leroudier (42), Céline Linossier (43), Bérengère d’Orsay (75), Isabelle Poupinel (75), Mélodie Meslet-Tourneux (67), Marie Rancillac (75), Marlène Réquier (91), Marie-Lucie Trinquant (89), Magali Wagner (69)

Sculptures métal, bois et textile

Rosine Astorgue champignons tissés, Matthias Cazin et Zetwal découpe tôles (43), Gustave Courtet (43), Élisabeth Toupet tissages & textiles herbes (28), Yzo (sculptures métal et écorces) (07)

Plasticiens (techniques mixtes)

Véro Béné (43), Virginie Boursette (42), Magali Cazo (75), Lou le Cabellec (75), Diane Cazelles (43), Sylvie Dallet (43), Tamara Ivanda (43),Olga Kataeva (95), Félix Monsonis (43), Mélanie Pasquier (49), Fabienne Recanzone (43), Eddy Saint-Martin (43), Suzy Tchang (75)

Photographies, installations, Musiques, Poétiques

Fabien Auréjac, Danielle Boisselier (69), Albert David (94), Faezeh Firoozi (75), Lou Perdu (75), Marie Lafont (43), Pascal Masson (43), Ahmad Ouedraogo (43), Céline Mounier (94), Zakaria (63)…

Animations et Conférences

Lou Perdu (75)  : vidéos « Des Marches »

Claire Blatchley (93) : « S’il te plait, lis moi cette histoire, la Clairière »

Christian Grenouillet (43) : « Promenade biopoétique »

Martine Guitton : ateliers enfants tuiles/forêt nourricière

Martin de la Soudière : « Cueillir la montagne »

Association « Et Pourquoi pas ? »

Gautier Blanc, Centre Régional de la propriété forestière des Rives du Haut Allier et PNR Livradois-Forez

Sylvie Dallet, Présidente du Festival.

PARTENAIRES

Association « Adrienne & Eugénie » (43) 

Centre Régional de la propriété forestière de la Communauté de Communes des Rives du Haut Allier (43)

Institut Charles Cros (www.institut-charles-cros.eu)  (93)

Institut Universitaire Technologie –MMI Champs sur Marne (77) – affiche réalisée par Jules Cointrel.

CHCSC/Université Paris Saclay (94) 

Bibliothèque de Montreuil (93

Moulin Richard de bas (www.richardedebas.fr) (63) 

Parc Naturel Régional du Livradois-Forez

Terres d’Aligre (terres-d-aligre.over-blog.com) (terresdaligre@orange.fr) (75)

Vivadesign (43)

Le Festival, espéré

Nous suivons les annonces du déconfinement avec toute l’attention nécessaire. Cependant, nous ne pourrons cette année accueillir les artistes internationaux comme nous souhaitions le faire.

Pour notre dixième anniversaire, nous espérons que les collectivités locales nous apportent un vrai soutien afin de relancer l’action culturelle,  dans une déambulation libre et inspirée par ce nouveau thème de l’actualité :

FORÊT NOURRICÈRE…

Un projet s’élabore sur le thème du banquet, avec notre partenaire la galerie d’art et de céramiques Terres d’Aligre (Myriam Bürgi) , avec qui nous avions déjà travaillé en 2018. Les céramistes sont déjà à l’ouvrage : Cécile Aurejac, Nicole Crestou, Jean-Michel Doix, Fany G, Jocelyne Guérin, Marie-Pierre Lamy, Blandine Leroudier, Céline Linossier, Marie Rancillac, Émilie Gavet, Élise Lefèvre, Berengère d’Orsay, Mélodie Meslet-Tourneux, Marlène Requier, Marie-Lucie Trinquant, Magali Wagner, ….

Les nouveaux venus de la Forêt nourricière, peintres et plasticiens préparent leurs oeuvres : Virginie Boursette, Natacha de Badké, Magali Cazo, Clara Crespin, Faezeh Firoozi, Tamara Ivanda, Lou le Cabellec, , Matthias Cazin, Mélanie Pasquier, Yzo, Pierre Vermersch….

Et les conteurs, performeurs, liseurs tels quepierre vrmesch Claire Blatchley (« récits de la Clairière »), Christian Grenouillet (« Promenade biopoétique »), Nicole Barrière, Martine Guitton (« ateliers foreztiers »)..

Des films et des vidéos, avec Carole Contant, Lou Perdu, Vidéoformes….

Des années précédentes, nous reviennent Félix Monsonis, Olga Kataeva, Véro Béné, Pascal Masson, Danielle Boisselier, Albert David, Céline Mounier, Sylvie Dallet, Elisabeth Toupet, Rosine Astorgue, Fabienne Recanzone, Eddy Saint Martin, Suzy Tchang….

Nos partenaires : Crédit Mutuel, Terre d’Aligre, librairie La Grenouille, Hôtel de la dentelle, Moulin Richard de bas, Panoramique auvergnat, Viva design, Zetwal… nous contacter sur le mail : artsforeztiers@orange.fr

Les étudiants ont crée des affiches extrêmement inventives dont celles ci, très expressives et difficiles à départager : créations de Jules Cointrel (affiche qui a été choisie pour annoncer le Festival) , de Michelle O’Brien, d’Emma Guiglioni, d’Antoine Assanvo, de Mélodie Chan, d’Aubin Olivrie, de Virgile Mendes, de Julie Saint Martin, de Yasmine Kourichi

Vos pouvez nous écrire pour donner votre avis sur ces créations !