Vues du fleuve Maroni par Véro Béné

Une des artistes forestières, Véro Béné, est partie  du village de Chanteuges, en Auvergne vers  l’Amérique latine avec une première escale  en Guyane française. Son voyage doit durer six semaines, mené au rythme de la vie créole, du fleuve et de la forêt.
Dans son sac à dos, pas d’ordinateur mais plusieurs  carnets à dessin, afin de croquer pour nous des impressions de voyage. Elle raconte ainsi que le grand Fromager de la commune Maripasoula, en bordure du Suriname,  s’est effondré sous le poids d’un autre arbre géant, foudroyé par la tempête de décembre 2015.IMG_2952-579x869

En tombant, son faîtage déversa un bouquet d’orchidées rares qui y gîtaient.  La pluie combat la forêt. « Voici deux jours, l’autre grand fromager de Papaïchton est tombé suite aux pluies diluviennes. Les fromagers sont des arbres sacrés pour les Amérindiens et les bushinengés Alukus, mais les temps sont difficiles pour ces géants car le Maroni monte et vient lécher les abords des carbets… »

Véro Béné alimente régulièrement son compte Facebook de ses  impressions, croquées sur le vif, au stylo et à l’aquarelle.  Elle  s’aventure  en ce moment sur le fleuve Maroni  et porte un regard attentif sur le quotidien foisonnant de la vie tropicale.

Haïku maroni  (Sylvie Dallet):
Un paresseux dans ma barque/ Les odeurs de la pluie/Vers l’horizon vert cru.

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L’arbre à prières d’Aurélien Lepage

A.Lepage, arbre à prières, 2016, 53x43cm
L’arbre à prières, 2016 (53x43cm Aurélien Lepage)

Attentif à l’expérience des Arts ForeZtiers, le peintre alsacien Aurélien Lepage nous adresse  ce texte assorti de deux tableaux  composés comme des enluminures. Il décrit ainsi son travail et son oeuvre, fortement imprégnée de feuilles enchevêtrées, nées de formes anciennes, et foisonnantes :

« La lenteur donne accès à la durée, elle permet d’en ressentir l’épaisseur et la densité, et par là même elle donne accès à soi, à l’épaisseur de vie qui nous compose et que nous ne prenons pas le temps de connaître.

C’est cette densité que je tente de rendre visible dans chaque tableau, multipliant les niveaux de lecture et les strates. De fait, une certaine lenteur du regard est requise pour le spectateur, sans laquelle il pourrait passer à côté de tout un pan de ma peinture sans rien en voir. A la lenteur de l’exécution répond une lenteur de l’attention.

Le labyrinthe Afin de se préparer – de manière ludique – à l’ultime voyage, afin d’en apprendre le trajet pour s’en souvenir le moment venu, les peuples zoulous dessinent au sol des usogexe, des labyrinthes. L’auteur du dessin défie ensuite ses compagnons de jeu en les intimant de trouver la route menant vers la «case royale», souvent située au centre du motif. Lorsque l’un d’eux échoue, les autres lui disent «Waputra usogexe !» : «On t’a bien eu avec le labyrinthe !» Et celui-ci doit reprendre son cheminement depuis le début.

En occident, à l’époque médiévale, de nombreuses cathédrales possédaient un « chemin de Jérusalem » : un labyrinthe dessiné sur le sol. Les fidèles ne pouvant partir physiquement en pèlerinage parcouraient à genoux le chemin méandreux tout en priant, jusqu’à parvenir en son centre, et ainsi accéder à une renaissance spirituelle symbolique.

A mi chemin entre la spirale, symbolisant l’expansion perpétuelle, et le nœud, symbolisant l’éternel retour, le labyrinthe sait se montrer polymorphe, multiple, à l’image du chemin qu’il incarne. Il est symbole de mort et de régénération, c’est-à-dire de transformation constante et de quête. J’envisage souvent l’errance picturale qui m’anime comme un vaste labyrinthe, sans début ni fin, sans envers ni endroit, s’entremêlant et se complexifiant à mesure. Le labyrinthe n’est jamais directement représenté dans mon travail, mais présent partout : chaque toile en constitue un embranchement ou un centre possible. Dans chaque toile se dissimule une multitude de cheminements à parcourir, trouvant leur continuité dans la toile qui suit ou qui précède – d’où la récurrence de certaines figures naviguant d’un tableau à l’autre.A. Lepage, Jardin d'Iznik, 2016, 130x110cm

Mais il ne s’agit surtout pas d’apprendre à sortir du labyrinthe. Il s’agit au contraire d’apprendre à en épouser les caprices, les chemins tortueux, les raccords, les embranchements, les impasses ; jouer l’errance donc, à l’instar des zoulous et des pèlerins médiévaux. Je peins moi aussi pour me rappeler, pour exercer ma mémoire au mystérieux voyage, en tentant, pas à pas, de recueillir les infinis chemins du monde contenus dans les infinis chemins de l’instant. »

Aurélien LEPAGE, né en 1982, vit et travaille à Meistratzheim, dans le Bas-Rhin. Contact atelier : 326 rue Principale, 67210 MEISTRATZHEIM, tél : 03 88 95 37 08 – 07 81 40 80 59 – aurelepage@hotmail.fr Plus d’infos sur : http://aurelienlepage.canalblog.com/

 

L’arbre aux animaux

Naguère,  Noé le patriarche rassemblait les animaux dans une arche qui devait protéger   du Déluge, mammifères, oiseaux et autres vivants. Nous prenons conscience, grâce au mythe partagé,  de notre parenté animale, de tous les jours et de tous les songes.
Cette photographie singulière, échouées des rives du Web,  mélange les règnes de l’arbre et du monde animal, de par la main de l’artiste. De grands animaux sont sculptés à même le tronc imposant, arche d’alliance ancienne et symbolique de la croisée des espèces. Des formes familières métamorphosent un tronc puissant.

Dans les Métamorphoses d’Ovide (X, 86-105), la voix d’Orphée, charmant bêtes et gens,  entraînait à sa suite une procession d’arbres.  Ici, l’arbre est  solitaire, porte-greffe du monde animal. Qui nous dira l’origine de ce travail symbolique, surgi de cet arbre immense  ?  Comment chahutent l’écorce du végétal avec nos pensées ?  D’où vient ce géant transformé ? La main de l’artiste a révélé des parentés bouleversantes, que l’arbre séculaire a su accepter…

Et dans le nid des Arts ForeZtiers, fait de simples branches tressées posées sur un cèdre tranché, trois oeufs se côtoient, trois règnes à venir…

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Nid (Anne Drevon , 2013)

Voeux foreztiers 2017 : « il est grand temps de rallumer les étoiles »

Les artistes foreztiers vont, sur papier du Moulin Richard de bas, vous exprimer leurs voeux…

 « Il est grand temps de rallumer les étoiles » (Apollinaire) Cett citation, vieille de cent années,  est issue  du drame « surréaliste» en deux actes et un prologue de Guillaume Apollinaire,  Les Mamelles de Tirésias, créé au conservatoire Maubel le 24 juin 1917 dans une mise en scène de Pierre Albert-Birot, décor de Serge Férat et costumes d’Irène Lagut. La musique était de Germaine Albert-Birot. La pièce a été conçue pendant la guerre de 14-18 et sa sortie en salle  occasionna un charivari de la critique.

Apollinaire en effet,  s’est inspiré du mythe du devin aveugle de Thèbes, Tirésias, tout en lui appliquant des thématiques modernes et provocatrices : le féminisme et l’antimilitarisme. Térésa change de sexe pour gagner du pouvoir parmi les hommes.  Elle souhaite modifier les coutumes, rejetant le passé pour y établir l’égalité des sexes (source Wikipedia).

Rajoutons cette citation du prix Nobel de médecine,  François Jacob qui nous émeut tout particulièrement :   » « Presque tout ce qui caractérise l’humanité se résume par le mot culture. »voeux-foreztiers

 Pensons y pour 2017…

Temps de Noël

Temps de Noël, Nicole Barrière nous adresse son poème,

dit pour la veillée de poèmes, contes et musique,
le Mardi 20 décembre, 18h30, à la Commanderie Saint-Jean au Puy en Velay

un enfant suffit, présent
une main suffit, tendue
dans le tumulte des sanglots
Ce jour, cette heure
la nudité des multitudes cherche l’autre
ouvre la page et dit : je t’aime.

dans le silence, les images des solitudes
les cieux gris sentent venir la lumière.
Et le monde se lève
cœur battant jubilation
libère et envahit
l’abime du seul mot fraternités

Jours ordinaires d’entente et d’appel
Même l’obscurité des jours de pauvreté,
c’est toujours l’étable des humbles
et l’espoir d’un jour beau d’accueil
sur la vieille terre des pleurs,
Le silence soudain chuchote.

Respirent et halètent les prières
longue marche des ombres, équinoxes des fois
Dans l’air les oiseaux d’exil ne peuvent dormir
De quelle douleur se tendent leurs ailes ?
De quel cri se fendent leurs becs ?
De quelle attente piétinent leurs pas ?

Derrière les jalousies, veillent les tempes engourdies
tourmentées d’agapes insolentes
le monde meurtri d’ordres militaires
pleure comme l’enfant dans le rocher
le songe bat et affole sa gorge
un enfant vient en silenceimg_5117
dans l’ombre de sa croix

Il fait grand soleil sur la joue des lunes
Et grande tourmente sur la douleur du monde
il arrive comme les pauvres de l’exil
dans le vent et déjà fuit vers les étoiles
Dieu le voit debout sur le soleil.

Les arbres toujours…

 Le site des Arts Foreztiers continue à grandir comme un arbre durant la période qui nous sépare de la prochaine édition de juillet 2018, dans laquelle les animaux et le bestiaire enchanté de la Forêt seront à l’honneur…
Vous pouvez envoyer vos remarques, pensées, images et propositions sur le site des Arts ForeZtiers…

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Elisabeth Toupet et Ivan Magrin Chagnolleau enserrant l’arbre de la Liberté (photo et soie de danielle Boisselier)- juillet 2016
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le roi Cerf (oeuvre de Cécile Auréjac, photo Béopé)

 à bientôt !

Séminaire ÉTHIQUES & MYTHES de la CRÉATION du 19 octobre 2016 : La FORÊT IMAGINÉE

Le 19 octobre, le séminaire Éthiques et Mythes de la Création (direction Sylvie Dallet, Institut Charles Cros et CHCSC-UVSQ-Paris Saclay) a accueilli sur le Campus
logoFonderie-École de l’Image (Bagnolet),
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Céline Mounier, Véro Béné, Benedetto Repetto, Sylvie Dallet
Monika Siejka, Christian Gatard, Hervé Fischer, Bernard Boisson
Monika Siejka, Christian Gatard, Hervé Fischer, Bernard Boisson
_mg_6353quatre intervenants  (Hervé Fischer, Véro Béné, Monika Siejka et Célio Paillard, introduction Sylvie Dallet) autour du thème de la « Forêt imaginée ».
Parmi ceux ci, Véro Béné et  Célio Paillard, ont participé du Festival des Arts ForeZtiers 2016.
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Sylvie Dallet, ouverture du séminaire

Introduction de Sylvie DALLET,  « De la Forêt animée à la forêt imaginée »

 La forêt imaginée introduit le nouveau cycle « Éthiques & Mythes de la Création » en ce jour du 19 octobre 2016. « Penser, c’est chercher des clairières dans une forêt »(Jules Renard , Journal 1910).

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Salles des Fêtes, vernissage des Arts ForeZtiers…

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Allocution du maire de Chavaniac,  Maurice Lac en la présence d’Annie Ricoux,  conseillère départementale, Sylvie Dallet et Christian Poulet, président du Pays de Lafayette

Le vernissage des Arts ForeZtiers s’est déroulé en la Salle des Fêtes de Chavaniac. Les oeuvres présentées  venaient de Chine de l’ethnie Miao ( six toiles monumentales travaillées à la cire de Xiaohai Wu et dessins préparatoires apportés par la Galerie Double S) et de Chaspuzac (hautes sculptures  en bois de Daniel Chabidon et racine d’Alexandra Lesage). Sarah  Barthélémy Sibi a patiemment oeuvré durant les trois jours en découpant du papier en formes aériennes, disposées comme des mobiles.

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Les découpes aériennes de Sarah Barthélémy-Sibi
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Sculptures de Daniel Chabidon et dessins à l’encre de Xiaohai Wu (Chine)

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Contes et poésies à l’allée des pommiers…

L’allée des Pommiers, en contrebas ombreux du square Lafayette, accueillit  tout à tour les ateliers des enfants animés par Martine Guitton et Eddy Saint Martin,  les poèmes de Nicole Barrière et d’Elisabeth Dolet, ainsi que le conte de THian, « l‘Arbre qui cache la forêt« …

Le public a savouré les voix et les textes de création, les samedi et dimanche…

 

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Elisabeth Dolet aux côtés de Nicole Barrière

 

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THian
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A l’écoute des poèmes

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à l’écoute des contes

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