Le Festival s’ouvre le jeudi soir dans le jardin de la Ferme Saint Éloi, avec un discours de sa présidente Sylvie Dallet et des prises de parole de différents représentants des collectivités partenaires (Mairie, Communauté de Communes, département…). Annie Ricoux, vice présidente du département de Haute-Loire, remarque, avec le sourire, que, pour avoir été toujours présente lors des inaugurations « il fait toujours beau à Chavaniac pour le Festival des Arts Foreztiers ». L’ouverture se poursuit sur de bonnes et belles agapes préparées avec soin par Fanny et Elie de Pébrac. Une soixantaine de convives déambulent et se sourient entre les différents lieux du Festival.

Les quatre journées étaient ponctuées de performances dansées, musiquées, racontées.
Le duo Ziqi Peng et Franck Vogel, compagnons de création, proposent une performance en deux séquences, la première au premier étage de la ferme Saint Éloi, en chinois et traduction française, seconde séquence au rez-de-chaussée le lendemain. Le photographe international et réalisateur Franck Vogel évoque son engagement pour la communauté indienne des Bishnoïs, protecteurs de la nature. Le lien pour voir le film complet sur les Bishnoïs que Franck Vogel réalisé pour France 5 en 2011, Rajasthan, l’âme d’un prophète (52 minutes).

La conteuse Isis Noor Yalagi lit des extraits de « La sagesse des lianes » de Dénéten Touam Bona (2021) accompagnée en musique (dont percussions) par Eddy Saint-Martin, également peintre et créateur textile. Nous partons dans les forêts tropicales. L’autrice rend un hommage aux lyannaj (lianes en créole) des archipels de Martinique et de Guadeloupe : « des pratiques de solidarité et de résistance qui s’inscrivent dans l’expérience historique du marronnage – les arts de la fugue des esclavagisés ». Voici deux extraits : La liane participe d’une démesure et Le mouvement de la liane est à la philosophique et poétique.

Des interventions au violoncelle par Birgit Yew von Keller (venue de Paris) et aux flûtes aux milles longueurs par Steev Kindwald (venu du Japon) ont eu lieu régulièrement en duo, par séquences improvisées communes de 20-30 minutes. Ces ponctuations ont rythmé à raison de trois par journée, le cours du Festival. Au contraire, le concert-danse-lectures d’Albert David et de Céline Mounier et les concerts de Jean-Claude Heudin et de Fabien Aurejac ont eu lieu en fin d’après-midi et soirée.
Voici une séquence d’un peu plus de 5 minutes pour écouter Birgit Yew von Keller. Et une seconde de 8 minutes avec flutes et violoncelle, Steev Kindwald et Birgit Yew von Keller.

Une semaine avant l’ouverture du Festival, une quinzaine d’enfants du Centre Léo Lagrange de Brioude (direction Faty Kounouvo) sont venus toute une semaine camper à Chavaniac-Lafayette pour réaliser pour le Festival une grande fresque sous la direction du graffeur altiligérien Topaz. Et pendant la journée de vendredi 18 juillet , une trentaine d’enfants venus de Brioude participent aux différents événements par les multiples expériences gratuites de création: peintures sur tuile avec Martine Guitton, assemblages avec Hervé Fogeron, atelier cyanotype (impression solaire sur feuilles d’arbres) avec Marie & Maelys Dallet, atelier « attrape-rêves » avec Josiane Lépée. Et bien sûr, ils ont assisté aux concerts de journée… et déjeuné et goûté sur place. Les jours suivants, les ateliers ont continué pour les enfants venus en famille.
Josiane Lépée construit également avec les adultes un immense attrape rêve, façonné avec les artistes et qui restera accroché à un des sycomores de la Ferme Saint Éloi.
Samedi, une visite guidée du Festival est organisée par le Pays d’Arts & d’Histoire (Maryline Avont) autour des œuvres et écoute (flûtes et violoncelle).

Vendredi, une lecture dansée est donnée par Céline Mounier (lecture et danse) et Albert David (musique et lecture). Elle prend la forme d’un voyage. Première étape : la forêt profonde, avec un extrait de Le couvreur et les rêves de Kiyoko Murata (2024) et de La forêt perdue de Maurice Genevoix, roman-poème paru en 1967. Deuxième étape : les femmes disent l’histoire, avec des extraits de Faïel et les histoires du monde de Paolo Bellono (2024), et de Frapper l’épopée d’Alice Zeniter (2024), roman paru en 2024. Olga Kataeva-Rochford a écrit et lu Le souffle (2025). Cette deuxième étape s’est terminée par La danse et l’incendie de Daniel Saldaña Paris (2025). Troisième étape : conversations intimes avec un extrait de Contre les bûcherons de la forêt de Gastine, poème de Pierre de Ronsard (XVIème siècle) et des extraits de Bûcheron de Mathias Bonneau (2025). La quatrième étape s’intitule : l’énergie vitale. La lecture de A Albert Dürer de Victor Hugo (1837) est suivie de Les gens qui dansent de Macella et Marie Poirier (2020), texte tressé avec des extraits de La terre habitable ou l’épopée de la zone critique de Jérôme Gaillardet (2023). Fin sur un extrait de La forêt de Fontainebleau de Georges Sand (1872). Nous avions discuté avec Anne Quercy, professeure de danse (Mulvabe Danse) et conteuse, de certains choix de textes.

Dimanche, en une unique représentation, la plasticienne Catherine Marquette, venue d’Ile de France, commence sa performance à genoux, tête au sol, cheveux déployés vers l’avant puis la lève dans une danse lente en l’honneur de la croissance de l’arbre de vie. Elle attrape un par un des bidons de peinture et progressivement fait naître et croître un arbre, ses mains dansant en peinture.

Dimanche20 juillet, hommage est rendu à Vincent Balmès (dit Quat’sous), d’abord par un discours plein d’émotion de Sylvie Dallet devant la sculpture offerte par la famille au Festival, puis par une danse de Céline Mounier sur une musique composée et jouée par Albert David. Je danse cet hommage à nouveau ce jour, samedi 3 janvier, introduit par un poème. Cette danse a lieu sous la direction de Patrick Kevin O’Hara (Mulvabe Danse).

Place à la musique électronique avec AngelIA, par Jean-Claude Heudin, venu de Saint Malo pour participer du Festival des Arts Foreztiers. Voici un extrait du chant de la forêt et puis, du Boléro de Ravel, sur lequel nous avons dansé jusqu’à épuisement.

Place aux conférences de matinée, samedi 19 , dimanche 20 et lundi 21: le pasteur Otto Schaeffer ( docteur en théologie et en botanique, vice-président du Conseil Scientifique du Par naturel Régional des ballons des Vosges) et Raphaël Devred (docteur en histoire, post doctorant dans les Alpes Grenoble). Otto Schaeffer, auteur de « La grâce du végétal », rappelle qu’en cultivant les plantes, l’humain se cultive. En centrant notre attention sur le domaine de Rambouillet, nous pénétrons dans l’objet politique qu’est la forêt avec Raphaël Devred. Les conférences permettent de riches conversations avec les conférenciers qui séjournent au village afin de participer pleinement du Festival.

Concert de clôture par Fabien Auréjac. Nous voici à l’étage de la ferme Saint-Eloi, la lumière du soir pénètre sur les œuvres, que le concert électroacoustique commence ! Voici un extrait de ce concert. Les sons imprègnent jusqu’au jardin les promeneurs qui y sont assis.

Les photos sélectionnées pour composer ce billets sont de Céline Mounier, Olga Kataeva-Rochford et Sylvie Dallet. Le Festival a reçu les journalistes de France 3 qui ,lors du JT du 18 juillet, ont évoqué l’extraordinaire offre de créativité du Festival par une vidéo de presque 3 minutes. Les séquences vidéos ont été prises par Albert David et Céline Mounier, sauf, bien sûr, celle de Patrick Kevin O’Hara.