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La montagne d’Ambert, souvenirs d’un vernissage foreztier au « pays des feuilles blanches »

L’écrivain ambertois, Alexandre Vialatte  (1901-1971)  décrit ainsi  L’Auvergne…«  C’est un secret plus qu’une province. Elle vous tourmente toujours d’un tendre songe. C’est quand on l’a trouvée qu’on la cherche le plus. »

 

La montagne d’Ambert recèle  puis dévoile  aux passants le Moulin Richard de bas qui reste la promenade mythique des Auvergnats, fidèles  à « l’herbe des trois vallées » depuis l’ouverture du Moulin au public par Marius Péraudeau.
Ce Moulin-Musée est, en effet,  le dernier témoin du vert pays de moulins papetiers dont l‘Encyclopédie de Diderot a lancé le succès au XVIIIe siècle.

« Le pays des feuilles blanches »    a patiemment reconstruit son identité culturelle dans les années 1940,  dans  l’amitié d’Henri Pourrat et de Marius Péraudeau.
Le buste de Diderot est encore à l’encoignure de la salle des Mésanges, qui accueille jusqu’au 6 août les oeuvres papier des Artistes foreZtiers.  Une belle salle emplie de lumière, entre des petits carreaux et une splendide cheminée. Les entre-poutres offrent aux regards un papier peint d’oiseaux bleus et roses qui symbolisent  les mésanges, en rappel des oiseaux qui, naguère,  se rafraichissaient le bec aux papiers qui séchaient.

Venus de Haute-Loire, les Artistes  ForeZtiers s’y sont installés en Copains du Puy de Dôme depuis le 3 juillet. Ils avaient dormi la veille à l‘Auberge de jeunesse de ST Martin des Olmes, dans un ancien  et ravissant couvent de femmes,  converti en hébergement collectif . Les oeuvres exposées ont été conçues pour le Moulin dans leur ensemble. Seules quelques pièces sont issues des éditions précédentes du Festival.
Quelques photographies de la journée du vernissage…

Et le lien avec l’article paru dans La Montagne dès le 6 juillet…

http://www.lamontagne.fr/ambert/2017/07/06/a-la-decouverte-de-huit-artistes-qui-ont-travaille-sur-ou-avec-le-papier-richard-de-bas_12474216.html

« Vent de Limagne », poème d’Olivier Calemard de Lafayette

 Le poète Olivier Calemard de Lafayette, né à Saint-Georges d’Aurac en 1877 (Chavaniac-Lafayette est un hameau de Saint Georges jusqu’en 1881, date à laquelle elle devient commune indépendante) ,  témoigne sur ses trente  années de vie, d’une sensibilité toute inspirée de son pays d’Auvergne.


Il nous adresse de 1904 ce Vent de Limagne  
( dédié à son ami Henri Cellerier).

J’aime la brise incertaine et frivole
Dont le frôlis n’émeut que les corolles
Légères, les frisselis doux des folioles
Au faîte gris des trembles grêles,
Et la ronde ténue et frêle qui s’envole,
Des éphémères sur les prêles…

— J’aime avec toi, surtout, le vent large et puissant.
Je n’ai pas tes sapins dans les sables, tes landes,
Tes horizons barrés de vols éblouissants,
Ni l’or de tes sous-bois alourdis de lavande;

Mais la sève frémit en mon vieux sol de feu,
Mes prés touffus et verts s’étoilent de narcisses,
Mes terreaux mordorés font des pétales bleus,
Et de hauts boutons d’or penchent leurs lourds calices.

Pour garder mes labours d’argile rouge ou brune,
J’ai des orgues de pierre en prière, où s’unit
L’extase de la vague à l’orgueil du granit,
La grâce de la houle aux splendeurs de la dune.

Et tu croirais qu’aux jours des fusions premières,
Le vent de mes sommets a durci brusquement
Les laves qui roulaient leur clair bouillonnement
Hors du rose cratère aux vapeurs de lumière.

J’ai de jaunes iris qui flambent dans les joncs.
J’ai des roseaux géants jaillis de l’eau rouillée;
Mes printemps font gonfler de monstrueux bourgeons.
Mes automnes des fruits pesants par corbeillées.

Oui, j’aime le grand vent sur tout cela, le soir,
Le vent du nord-ouest chargé de pluie et d’ombre
Qui pousse sur nos monts, d’un bref coup d’aile noir.
Avec des vols obscurs, la Fécondité sombre !

Olivier Calemard de La Fayette. (1877-1906), Le Rêve des Jours (1904).

Retourné dans ses terres après des études de Lettres, ce poète laboureur publia Le Poème des champs (Hachette, 1862), un grand succès qui fut couronné par l’Académie Française. Sainte-Beuve dira : « M. Calemard de la Fayette a fait en poésie quelques toiles… qui le classent parmi nos meilleurs paysagistes. » Son œuvre marqua dans le second Romantisme un éveil de la poésie naturiste et des idées régionalistes. Il fut l’initiateur et le maître d’une pléiade locale parmi laquelle on compte Jules Vallès, C. Augier ou  Aimé Giron. Il fut emporté par une fièvre typhoïde à 29 ans.

Faire vivre le patrimoine

En avril, ESPACES NATURELS, revue des Professionnels de la Nature (avril juin 2017-n° 58) publiée par la prestigieuse Agence Française de la Biodiversité (Ministère de l’Environnement), consacre un numéro spécial (« Inspirer,S’inspirer ») à la création artistique  en relation avec la nature et la biodiversité.

Un long article signé de Marie-Mélaine Berthelot, rédactrice en chef de la revue,  délivre deux entretiens  de pensée avec Sylvie Dallet (Arts ForeZtiers) et Raoul Lherminier (PNR des Monts d’Ardèche). L’article intitulé « Faire vivre le patrimoine » s’appuie sur les deux initiatives de Chavaniac-Lafayette et du département de l’Ardèche, dans leurs expériences complémentaires.

Raoul Lherminier parle de l’art  comme d’une « source de dialogues », en plein accord avec Sylvie Dallet :

« Finalement c’est le gestionnaire le pire des guides ! Les autres disciplines nous tapent sur l’épaule et disent « tiens, prends mes lunettes ». L’artiste a des lunettes plein les poches ».

Dialogue à enrichir encore pour les Arts ForeZtiers de 2018…

Afficher l’Auvergne

Au tournant du XXème siècle, Théophile Poilpot (1848-1915), peintre et graveur francilien de renom, issu de l’école des Beaux Arts de Paris reçoit commande d’affiches liées au développement de la ligne de Chemin de fer Paris Lyon Méditerrannée.  Il réalise trois affiches : deux sur le Mont Dore et Vichy et celle-ci qui est conservée, comme les autres, sur la base Gallica de la Bibliothèque nationale.  L’Auvergne, malgré le bon air  et les eaux thermales, vantés par les hygiénistes reste le plus souvent présentée dans les récits de voyage,  comme une montagne déserte et farouche que les urbains évitent.

Cette affiche  de 1904, magnifiquement coloriée montre une Auvergne parsemée de ruines bâties sur les paysages grandioses. La forêt est singulièrement absente, car  elle avait totalement régressé en raison des pâtures  (les moutons) au  siècle précédent.  Théophile Poilpot est  connu pour ses panoramas minutieux, dont cette affiche témoigne de la précision. il a également peint la forêt de Fontainebleau des scènes de genre à la lumière des sous-bois.

« La nature aime à se cacher.»

 

 Suite à un premier article associé à ses peintures, Aurélien LEPAGE nous adresse un second texte, murmuré comme une odeur suave.

« La nature aime à se cacher.»

De prime abord, cette phrase énigmatique d’Héraclite semble bien peu s’appliquer à ma peinture, tant le végétal y est présent, vivace, ensemençant les surfaces de mille frondaisons, fruits, fleurs et volutes fertiles. Mais à y regarder de plus près, ces feuillages et ces ramures de peinture bruissent de murmures secrets, d’images dissimulées. Tout y est mouvant, polymorphe, incertain, tant au niveau des formes et des motifs que des matières et des gestes. D’autres feuillages apparaissent sous les feuillages, d’autres peintures sous la peinture. Dans la langue originale du fragment d’Héraclite, le mot « nature » est désigné par le terme phusis : c’est la nature dans ce qu’elle a de jaillissant, de contradictoire, de mystérieux, apparaissant et s’enfouissant tour à tour.

J’aime l’idée qu’un tableau ne livre pas son sens dès les premiers instants où il est vu, ou plus précisément qu’il puisse offrir différentes possibilités de lecture, différents niveaux de profondeur. Comme dans un jardin, comme dans un tapis – deux sources d’inspiration pour moi –, les formes végétales dissimulent autant qu’elles révèlent, invitant à se perdre avec gourmandise parmi les entrelacs et les ombres, afin, peut-être, de laisser peu à peu affleurer les voix inaudibles, celles de la nature, des saisons, du cosmos – autant de voix que nous ne prenons plus assez le temps d’écouter.

Dans ma peinture, le végétal prend volontiers un aspect ornemental, voire décoratif, à la manière d’un papier peint ou d’une nappe brodée – autres sources d’inspiration importantes. Je sais que la plupart des artistes ont en horreur ce terme, « décoratif », car il désigne ce qui n’a d’autre intérêt que sa propre joliesse, d’autre visée que l’habillage superficiel d’une surface. Cela peut surprendre, mais j’aime que ma peinture puisse donner cette impression, parfois, aux yeux de regardeurs peu attentifs. J’y vois une forme ambivalente de discrétion, une manière espiègle de dire des choses profondes sans en avoir l’air, sans forcer le regard.

C’est tout l’art de la métis grecque qui devient alors visible, c’est-à-dire un art de la ruse, « une forme particulière d’intelligence, de prudence avisée » ainsi que la définissent Marc Détienne et Jean-Pierre Vernant, et qui doit « se faire plus souple, plus ondoyante, plus polymorphe que l’écoulement du temps. » L’idée de ruse n’est pas ici à entendre au sens de tromperie ou de fourberie, mais au sens de souplesse épousant la souplesse du monde, de chatoiement se fondant dans le chatoiement. Cette notion de métis ne serait ainsi pas sans lien avec la phrase d’Héraclite. Il ne s’agit pas de faire du bruit, de s’avancer dans le monde tous oripeaux déployés, de manière tapageuse, mais, dans le silence de l’écoute et de l’observation, d’en épouser au mieux les contours, les rythmes, les mystères. Regarder encore et encore pour voir, sous le masque inoffensif et anodin des choses, les trésors cachés et les abîmes infinis.

Pour reprendre l’exemple du tapis persan, il serait très facile de n’y voir qu’un fouillis de lignes et de motifs purement formels et répétitifs, un objet à déposer au pied de son canapé et à oublier. Décoratif, en somme. Mais si l’on se plonge davantage dans les jeux de symétrie et d’entrelacements des formes, alors c’est la magnificence d’un jardin d’Eden qui apparaîtra, une version réduite et concentrée du paradis et du cosmos – ou, dans le cas d’un tapis à motifs géométriques, un temple, une vision concentrée de la Jérusalem céleste. L’infiniment petit contient l’infiniment grand, le dévoile et le déploie. La répétition des motifs sur toute la surface d’un tapis évoque l’incommensurabilité du monde, son mouvement perpétuel et ses métamorphoses permanentes. Tout tourne et se retourne sur lui-même, comme les astres et les atomes, et l’homme est part intégrante de cette danse cosmique.A.Lepage, dans la forêt profonde..., 2016, 53x43cm-2

Une similaire ambiguïté habite ma peinture, chaque élément y étant tout à la fois polymorphe et polysémique. Ce qui apparaît comme une fleur se métamorphose soudain en étoile, un fruit devient une planète, une constellation se mue en toile d’araignée. Tout est dans tout, s’enversant sans cesse dans un mouvement où le terrestre et le céleste ne font qu’un. Une branche de corail pourra évoquer un arbre, une racine, un cerveau ou un réseau sanguin ; un tronc d’arbre entrelacé sera tantôt une colonne vertébrale, tantôt un fragment d’ADN. De même, je choisis volontairement de ménager un certain flou au niveau de la symbolique des éléments que je mets en scène, afin qu’ils conservent toute leur vivacité, toute leur puissance d’évocation : un buisson pourra être simple buisson ou buisson ardent, un arbre pourra être arbre de vie, arbre de la connaissance ou arbre votif comme il s’en trouve dans de nombreuses régions de France. Ou tout à la fois. Le végétal a ceci d’intéressant qu’il est universel, et permet de croiser les pistes, les cultures, les histoires, de les multiplier comme d’infinis reflets de miroir sur le chemin de la connaissance, suscitant d’infinis et organiques questionnements.

Les matières et les rythmes dont j’use pour élaborer ma peinture empruntent de la même façon le chemin bigarré et énigmatique de la phrase d’Héraclite. Mes tableaux s’apparentent tantôt à des tapis, des nappes, des mouchoirs, des tapisseries, des miniatures ou des céramiques. Art Brut ou art populaire, pièces de décoration ou pièces de musée.

Broderie, collages, papiers de bonbon, terre, lasures, pâte à modeler, bitume, tissus, dentelles, confiture ou café : tout ce qui peut servir à nourrir ma peinture, à la rendre aussi vivante et multiple que le monde, est mis à contribution. Il en résulte des tableaux plutôt matiéristes, où les gestes demeurent visibles et pourtant mystérieux (« comment c’est fait ? » me demande-t-on souvent). Étrange contraste : parler du cosmos en usant d’une peinture très incarnée !

Je peins très lentement, chaque peinture nécessitant des semaines, des mois de réalisation – voire des années, puisqu’il m’arrive souvent de reprendre d’anciennes peintures, ne considérant aucun de mes travaux comme achevés. « Faites-vous beaucoup de retouches ? » demandait Hubert Damisch au peintre François Rouan. « Des retouches ? Mais je ne fais que ça ! » répondait alors ce dernier. Je passe des heures à broder une grande tige végétale, point par point, ou des heures à peindre des petits points qui formeront une planète ou une voie lactée : je me fonds alors dans le rythme des plantes qui poussent, des étoiles qui naissent, dans le flux vivant et fragile de la nature.

Lorsque je peins, et lorsque je peins du végétal en particulier, c’est toujours ce célèbre poème de William Blake qui me revient :

« Voir le monde dans un grain de sable

Un paradis dans une fleur sauvage

Tenir l’infini dans la paume de ta main

Et l’éternité dans une heure »

Vues du fleuve Maroni par Véro Béné

Une des artistes forestières, Véro Béné, est partie  du village de Chanteuges, en Auvergne vers  l’Amérique latine avec une première escale  en Guyane française. Son voyage doit durer six semaines, mené au rythme de la vie créole, du fleuve et de la forêt.
Dans son sac à dos, pas d’ordinateur mais plusieurs  carnets à dessin, afin de croquer pour nous des impressions de voyage. Elle raconte ainsi que le grand Fromager de la commune Maripasoula, en bordure du Suriname,  s’est effondré sous le poids d’un autre arbre géant, foudroyé par la tempête de décembre 2015.IMG_2952-579x869

En tombant, son faîtage déversa un bouquet d’orchidées rares qui y gîtaient.  La pluie combat la forêt. « Voici deux jours, l’autre grand fromager de Papaïchton est tombé suite aux pluies diluviennes. Les fromagers sont des arbres sacrés pour les Amérindiens et les bushinengés Alukus, mais les temps sont difficiles pour ces géants car le Maroni monte et vient lécher les abords des carbets… »

Véro Béné alimente régulièrement son compte Facebook de ses  impressions, croquées sur le vif, au stylo et à l’aquarelle.  Elle  s’aventure  en ce moment sur le fleuve Maroni  et porte un regard attentif sur le quotidien foisonnant de la vie tropicale.

Haïku maroni  (Sylvie Dallet):
Un paresseux dans ma barque/ Les odeurs de la pluie/Vers l’horizon vert cru.

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L’arbre aux animaux

Naguère,  Noé le patriarche rassemblait les animaux dans une arche qui devait protéger   du Déluge, mammifères, oiseaux et autres vivants. Nous prenons conscience, grâce au mythe partagé,  de notre parenté animale, de tous les jours et de tous les songes.
Cette photographie singulière, échouées des rives du Web,  mélange les règnes de l’arbre et du monde animal, de par la main de l’artiste. De grands animaux sont sculptés à même le tronc imposant, arche d’alliance ancienne et symbolique de la croisée des espèces. Des formes familières métamorphosent un tronc puissant.

Dans les Métamorphoses d’Ovide (X, 86-105), la voix d’Orphée, charmant bêtes et gens,  entraînait à sa suite une procession d’arbres.  Ici, l’arbre est  solitaire, porte-greffe du monde animal. Qui nous dira l’origine de ce travail symbolique, surgi de cet arbre immense  ?  Comment chahutent l’écorce du végétal avec nos pensées ?  D’où vient ce géant transformé ? La main de l’artiste a révélé des parentés bouleversantes, que l’arbre séculaire a su accepter…

Et dans le nid des Arts ForeZtiers, fait de simples branches tressées posées sur un cèdre tranché, trois oeufs se côtoient, trois règnes à venir…

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Nid (Anne Drevon , 2013)

Voeux foreztiers 2017 : « il est grand temps de rallumer les étoiles »

Les artistes foreztiers vont, sur papier du Moulin Richard de bas, vous exprimer leurs voeux…

 « Il est grand temps de rallumer les étoiles » (Apollinaire) Cett citation, vieille de cent années,  est issue  du drame « surréaliste» en deux actes et un prologue de Guillaume Apollinaire,  Les Mamelles de Tirésias, créé au conservatoire Maubel le 24 juin 1917 dans une mise en scène de Pierre Albert-Birot, décor de Serge Férat et costumes d’Irène Lagut. La musique était de Germaine Albert-Birot. La pièce a été conçue pendant la guerre de 14-18 et sa sortie en salle  occasionna un charivari de la critique.

Apollinaire en effet,  s’est inspiré du mythe du devin aveugle de Thèbes, Tirésias, tout en lui appliquant des thématiques modernes et provocatrices : le féminisme et l’antimilitarisme. Térésa change de sexe pour gagner du pouvoir parmi les hommes.  Elle souhaite modifier les coutumes, rejetant le passé pour y établir l’égalité des sexes (source Wikipedia).

Rajoutons cette citation du prix Nobel de médecine,  François Jacob qui nous émeut tout particulièrement :   » « Presque tout ce qui caractérise l’humanité se résume par le mot culture. »voeux-foreztiers

 Pensons y pour 2017…

Temps de Noël

Temps de Noël, Nicole Barrière nous adresse son poème,

dit pour la veillée de poèmes, contes et musique,
le Mardi 20 décembre, 18h30, à la Commanderie Saint-Jean au Puy en Velay

un enfant suffit, présent
une main suffit, tendue
dans le tumulte des sanglots
Ce jour, cette heure
la nudité des multitudes cherche l’autre
ouvre la page et dit : je t’aime.

dans le silence, les images des solitudes
les cieux gris sentent venir la lumière.
Et le monde se lève
cœur battant jubilation
libère et envahit
l’abime du seul mot fraternités

Jours ordinaires d’entente et d’appel
Même l’obscurité des jours de pauvreté,
c’est toujours l’étable des humbles
et l’espoir d’un jour beau d’accueil
sur la vieille terre des pleurs,
Le silence soudain chuchote.

Respirent et halètent les prières
longue marche des ombres, équinoxes des fois
Dans l’air les oiseaux d’exil ne peuvent dormir
De quelle douleur se tendent leurs ailes ?
De quel cri se fendent leurs becs ?
De quelle attente piétinent leurs pas ?

Derrière les jalousies, veillent les tempes engourdies
tourmentées d’agapes insolentes
le monde meurtri d’ordres militaires
pleure comme l’enfant dans le rocher
le songe bat et affole sa gorge
un enfant vient en silenceimg_5117
dans l’ombre de sa croix

Il fait grand soleil sur la joue des lunes
Et grande tourmente sur la douleur du monde
il arrive comme les pauvres de l’exil
dans le vent et déjà fuit vers les étoiles
Dieu le voit debout sur le soleil.