L’Arbre et l’Humanité

En 1985, le penseur Jiddu Krishnamurti  (1895-1986) écrit un texte magnifique  qui relie l’arbre et l’humanité, dans leur danse secrète et hologramme.

Il nous semble important, en ces jours de tristesse après les attentats de janvier et de novembre 2015, de murmurer  cette méditation qui nous rassemble :

« Près de la rivière, il y a un arbre que nous avons regardé jour après jour, pendant plusieurs semaines au lever du soleil. Quand l’astre s’élève lentement au dessus de l’horizon, au dessus du bois, l’are devient brusquement tout doré. Toutes ses feuilles résonnent de vie et vous voyez au fil des heures, une qualité extraordinaire émaner de lui (qui) semble s’étendre par tout le pays, au delà de la rivière. Le soleil monte encore un peu et les feuilles se mettent à frissonner,  à danser. Avant l’aube, l’arbre est sombre silencieux et distant, empreint de dignité. Au point du jour, les feuilles illuminées et dansantes, il vous donne le sentiment de percevoir une grande beauté. Vers midi son ombre est profonde, et vous pouvez vous y assoir, à l’abri du soleil. Alors s’établit un rapport profond, immuable et sécurisant, avec une liberté que seuls les arbres connaissent.

Vers le soir, quand le soleil se couchant illumine l’ouest, l’arbre peu à peu s’assombrit, se referme en lui-même. Le ciel est rouge, jaune, vert, mais l’arbre est silencieux, retranché, il se repose pour la nuit.

Si vous établissez un rapport avec lui, vous êtes en rapport avec l’humanité. Vous devenez responsable de cet arbre et de tous les arbres du monde. Mais si vous n’êtes pas en relation avec les êtres vivants e la terre, vous risquez de perdre votre rapport à l’humanité, aux êtres humains. Nous n’observons jamais profondément la qualité d’un arbre ; nous ne le touchons jamais  pour sentir sa solidité, la rugosité de son écorce, pour écouter le bruit qui lui est propre. Non pas le bruit du vent dans les feuilles, ni la brise du matin qui la fait bruiter, mais un son propre, le son du tronc et le son silencieux des racines. Il faut être extrèmement sensible pour entendre ce son. Ce n’est pas le bruit du monde du bavardage de la pensée, ni celui des querelles humaines et des guerres, mais le son propre de l’univers« .

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