Musique des plantes

En juillet 2016, le Festival des Arts ForeZtiers recevait  la famille du pépiniériste et expérimentateur musical Jean Thoby. Ils venaient de Gaujac dans les Landes, pour nous expliquer et nous faire entendre la musique des plantes.  La journée qui a mêlé les plantes chanteuses  aux Arts Foreztiers nous a enchantés, tant par le concert de plein air que par la conférence de la salle des fêtes.
Jean Thoby, expérimentateur musinièriste,   continue ses expériences et nous adresse l’annonce d’un exceptionnel concert de plantes au Parc floral de Vincennes le 27 mai 2017,  avec ce texte :

« La musique des plantes est une façon d’associer l’art à la science. En effet, elle permet de donner un nouveau visage à l’électrophysiologie des plantes – un domaine étudié depuis la fin du 18è siècle (par Bertholon, 1783, qui introduisit l’idée « d’électroculture »), mais resté longtemps en veilleuse. C’est comme si la plante recevait un nouveau mode d’expression vers l’extérieur, et qui lui serait propre. De façon plus générale, les chercheurs parlent, au sujet de ces signaux électriques, comme d’un « mécanisme de communication en temps réel entre le physiologiste et la plante, servant à la détection précoce d’un stress subi par celle-ci » (Luis A. Gurovich, Universidad Católica de Chile, 2012).

Et ce qu’elle exprime – une fois mis en musique – suscite une troublante émotion chez celui qui l’écoute. Est-ce parce que la plante pulse non-seulement en fonction de ce qui arrive dans son milieu de vie immédiat, mais aussi en fonction des grands cycles astronomiques qui conditionnent tout être vivant, l’humain y compris ? Les travaux de Peter Barlow (2012) – publiés sous le titre Moon and Cosmos : Plant Growth and Plant Bioelectricity dans l’ouvrage « Plant Electrophysiology » (P.Volkov 2012) – permettent de le croire. »

E. Zürcher, Prof.em., Dr. sciences naturelles, Ingénieur forestier EPFZ

Vous pouvez consulter le programme du 27 mai sur ce lien :

https://www.pepiniere-botanique.com/blog/musique-des-plantes-festival-international/

Un lien vers une musique de GORDONIA : ( extrait très différent du Camellia de notre site)
https://www.dropbox.com/s/wtkqwq0g7yrzsng/GORDONIA%20lasianthus.mp3?dl=0

Une réflexion au sujet de « Musique des plantes »

  1. « Les oiseaux chantent aussi pour les fleurs. Ce n’est pas pour rien qu’ils sont apparus ensemble dans l’évolution. Ils avaient quelque chose à se dire. » Cette citation du physicien Joël Sternheimer berce un documentaire étonnant diffusé sur France Culture.

    La musique agit sur l’humeur des humains et de certains animaux qui tissent es relations entre eux par les plantes. Depuis les années 1960, de nombreux chercheurs se préoccupent des rôles de certaines musiques sur la croissance de plantes. Joël Sternheimer, docteur en physique théorique et musicien, a proposé une explication de ces effets, permettant de les reproduire avec une précision moléculaire. Il fait entendre ces vibrations aux plantes sensibles à leur environnement sonore mais aussi aux humains qui, par une écoute attentive, peuvent en constater les différents formes et expressions. Ses recherches, depuis plus de 40 ans, ont montré que les différents niveaux d’organisation de la matière (inerte ou vivante) sont reliés par des « ondes d’échelle » qui en assurent la cohérence.
    Lors du processus de synthèse des protéines, les vingt acides aminés émettent des séquences de signaux quantiques qui constituent une mélodie spécifique à chaque protéine. Les transpositions audibles de ces mélodies peuvent influer sur le taux de synthèse de ces protéines. On peut rendre ces fréquences audibles en les transposant, par exemple, en notes de musique. Nous obtenons donc pour une protéine, qui est une suite d’acides aminés, une succession de notes. En fonction de la complexité de la composition des protéines, qui peuvent regrouper une dizaine d’acides aminés ou des centaines, nous obtenons une véritable mélodie, une partition variant donc d’une dizaine à plusieurs centaines de notes.
    En partant de cette base scientifique, l’ingénieur agronome Pedro Ferrandiz qui travaille avec Joël Sternheimer, a développé des appareils diffusant de la musique au-dessus des vignes et des champs de courgettes ou de tomates. Ces compositions musicales ont l’avantage de lutter contre les pathologies des plantes.
    Lorsque les agriculteurs qui attendent un certain retour sur investissements en redemandent, comme ce producteur de courgettes du domaine de l’Oustalet (département des Bouches-du-Rhône), qui diffuse donc un peu de sa musique à ses courgettes tous les soirs depuis dix ans pour combattre les « virus de la mosaïque » s’attaquant à ses cucurbitacées, ou lorsque des résultats positifs sont également obtenus sur la réduction du botrytis sur des plants de tomates, on peut se dire que cette histoire particulière ouvre le champ des possibles grâce au chant des plantes…
    (source « Quand la musique adoucit l’esprit du vin » de Lydia ben Ytzhak, France Culture, mai 2017)
    Pour aller plus loin dans la recherche cf l’article d’Éric Bony , « La musique et les plantes », Rhuthmos, 28 juillet 2015 [en ligne]. http://rhuthmos.eu/spip.php?article1568

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *