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FEMMES & FORÊTS (4)

Cet article est issu d’une conférence donnée par Sylvie DALLET sur le thème « Haïti de tous nos rêves : les art et la littérature au chevet du vaudou »

Il me semble important, dans ce récit en épisodes consacré aux relations entre les femmes et les forêts, d’évoquer maintenant l’expérience d’Haïti, dans la mesure ou cette île de Saint-Domingue, dite la « perle des Antilles » au XVIII ème siècle et devenue la première République noire, suivant la Révolution américaine et précédant la Révolution française, à laquelle est est restée attachée par les idéaux et la francophonie. Les forêts occupent, comme pour les Celtes, un situation sacrée, où les esprits prennent racine. De ce fait, la déforestation fragilise aujourd’hui à la fois la vie coutumière des campagnes et la croyance aux esprits protecteurs.

Dans cette société composite de noirs bossales (nés en Afrique), de créoles plus ou moins métissés avec les colons français, la religion vodou a prospéré dans l’espace forestier, avec une large reconnaissance des femmes, et ce, malgré les séquelles de la colonisation. Cette singularité s’est exprimée dans les romans et les bandes dessinées, telle la série Les Passagers du vent.

Pour résumer, le vodou est une religion syncrétique issue du Dahomey qui s’exprime en Haïti (et dans une moindre mesure en Guyane et aux Antilles),  comme la résistance spirituelle des hommes et des femmes issus de la traite négrière.

Construite sur une généalogie d’esprits, dans une double relation féminine et masculine comme l’antique religion gréco-latine, le vodou s’incarne principalement, au XVIIèmeet XVIIIèmesiècle, par des cérémonies collectives nocturnes et forestières, qui organisaient la résistance contre le système des plantations (sucre, cacao, café). C’est, en effet, au travers les forêts que la fuite des esclaves pouvaient être possible : les évadés étaient désignés sous le nom de “marrons” (ou nègres marrons) dans les Antilles. En Guyane française, les Bushinengue (les hommes et les femmes de la forêt) étaient le plus souvent échappés des plantations de la Guyane hollandaise (actuellement le Surinam) où les conditions de travail étaient féroces. Un traité avait même été conclu avec ces communautés forestières guyanaises sous la royauté, afin qu’ils soient les auxiliaires de surveillance contre les incursions possibles des Hollandais.

Les pratiques vodouisantes, tolérées ou réprimées, diffèrent en profondeur des cérémonies catholiques,  attachées à des lieux officiels partagés avec les colons français, tels que les églises. Les esclaves (bossales, créoles) en lien avec les nègres marrons organisent dans les forêts des cérémonies  clandestines où la transe, les chants, les danses  et les tambours permettaient à la fois de supporter les douleurs de l’esclavage, de se fortifier mutuellement et de rester en contact avec les énergies protectrices des ancêtres africains, ewe  ou loas. Pour exemple, Ayida Wedo, bienveillante déesse des nuages et de la pluie a pour attribut la couleuvre arc en ciel. 

Les cérémonies sont dirigées par des prêtres les hougans, ou des prêtresses, les mambos, par des offrandes de nourritures non transformées, telles le lait, le miel, les viandes d’animaux sacrifiés.  Le héros de l’indépendance haïtienne, Toussaint Louverture, était un « docteur – feuilles » c‘est à dire un guérisseur respecté avant d’être le héros de l’Indépendance haïtienne.  Les arbres sacrés du vaudou sont jumeaux guérisseurs : le caïmitier et le figuier. Le caïmitier, haut de quinze à trente mètres, porte le nom créole de « pommier étoile » et son tronc recèle du latex.

De ce fait, les cérémonies forestières mixtes revêtent une grande importance dans la transmission de la mémoire haïtienne. Les écoliers apprennent aujourd’hui que le déclenchement de la révolte qui devait consacrer Haïti comme première république noire du monde contemporain est le fruit du serment du bois Caïman (Bwa Kayiman)  le 14 août 1791. Le serment de la libération se fit près d’un caïmitier à l’appel d’un hougan du nom de Dutty Boukman  (marron d’origine jamaïcaine) et d’une mambo locale, Cécile Fatiman (Louise-Geneviève Coidavid 1771-1883). L’insurrection eut lieu  dans la nuit du 22 au 23 août, détruisant plus de mille plantations. Tandis que Boukman devait périr au combat, Cécile Fatiman, ayant épousé le général Jean-Louis Pierrot en 1812, devenait première dame de la République haïtienne de 1845 à 1848 et mourut à 112 ans.

La littérature s’est longtemps substituée aux arts plastiques pour la représentation et la symbolique des événements forestiers d’Haïti. les noces mystiques de Manuel et d’Anaïse dans le roman Gouverneurs de la rosée de Jacques Roumain (1944) se révèlent au pied d’un figuier sacré, aux promesses d’une eau recouvrée. Dans un roman postérieur qui popularise le quotidien du vodou et des campagnes haïtiennes,  Les Arbres musiciens, Jacques Stephen Alexis (1957) évoque la liberté apportée par les arbres, particulièrement les arbres-reposoirs des esprits féminins et masculins, plantés au pourtour des lieux de cérémonie :

« Arbres reposoirs et arbres de coupes les conifères et les orchidées…«Les pins se balancent haut dans le ciel. Ils sifflent à perdre haleine et jettent leur mélodie sombre dans le grand jour qui rayonne sur la forêt. Gonaïbo et Harmonise, la main dans la main, s’en vont parmi les arbres, empoignés par la vaste voix des conifères. » 

FEMMES & FORÊTS (3)

Troisième épisode de la conférence de Sylvie DALLET donnée le 18 juillet 2020 pour le festival des Arts Foreztiers

Du Moyen-âge à l’époque moderne…. dix siècles de contrastes

Sous le Moyen Age, les « dames blanches » forestières remplacent, dans l’imaginaire populaire, les dryades latines et sont généralement dépeintes comme douces et bienveillantes. Leur domaine n’est plus exclusivement forestier, mais s’exerce sur les confins, comme un souvenir des forêts-frontières celtes.

Surgissant aux lisières, elles aident ainsi les voyageurs à retrouver leur chemin, donnent à manger aux bergers, jouent avec les enfants perdus dans les bois et s’occupent des chevaux à l’écurie. Leur rôle est parfois funèbre en ce qui concerne les châtellenies, où peuvent annoncer la mort d’un proche, dans une sorte de revanche de classe…. ou de chasse.

Les récits populaires évoquent aussi, pour détourner les enfants des vagabondages loin du village, les tentations sucrées des sorcières des bois : Hansel et sa sœur Gretel sont attirés par une maison en pain d’épices qui devient populaire en Allemagne  par des petits gâteaux, dits « douceurs de la sorcière ». Le conte français du «Petit Chaperon rouge » est connu depuis le X ème siècle et sa tradition est sans doute antérieure. En Russie, les antiques sorcières, dites « baba-yagas » prennent leur gîte dans les forêts où elles aident les jeunes filles qui cherchent sincèrement l’amour. 

La forêt procure régulièrement refuge aux femmes, qui y fuient les exactions des brigands ou des grandes compagnies qui ravagent l’Europe en guerre. Les soldats vivent sur le terrain, pillent les villages, violent les femmes. Pour symboliser cette fréquentation d’urgence des forêts, il faut se souvenir du conte populaire de Geneviève de Brabant, nourrie par une biche, alors que son mari qui la suspectait d’adultère, voulait la tuer. Son enfant grandit en forêt, comme naguère la Vierge avait enfanté dans une grotte lointaine.

Mais la comparaison s’arrête là : le christianisme se défie de la relation ancestrale des femmes et des forêts jusqu’à condamner aveuglément les guérisseuses, jugées en masse comme sorcières. Le jardin (hortus) est préféré à la forêt (Sylva), dont le nom même forge l’étymologie du mot « sauvage ». Le Moyen-Age connait une longue époque de persécution des “sorcières” forestières, postérieure à la reconquête des vertus des simples par les monastères. Les qualités des plantes sont en effet reconnues comme curatives, mais leur cueillette et le rôle secret des guérisseuses, paradoxalement assimilés à des “charmes” néfastes lés à l’exercice de la magie.  Cette dépossession du pouvoir scientifique des femmes a été décrit dans le roman Les simples, publié en  2019 par Yannick Grannec. L’écrivaine décrit un monastère féminin dans la Provence de la fin du XVII ème siècle, dont la pratique naturaliste sera dénoncée par un évêque arrogant.

Parmi les monastères féminins qui pratiquent la naturalisme, beaucoup se développent en Allemagne, héritiers par la pensée des traditions germaniques depuis la guérisseuse et druidesse Weléda. L’abbesse Hildegarde de Bingen (1098-1179), reconnue pour sainte dès le XVIIème siècle puis docteur de l’Église en 2012, exerce  chez les Bénédictines son sacerdoce visionnaire qui allie des visions avec une expérimentation constante sur les plantes et les minéraux.  Elle recense dans son De Physicae (De la Nature) quelque 300 plantes curatives, prédictives et purificatrices, 41 mammifères et 61 animaux volants (oiseaux, chauves-souris, insectes), dont l’être humain peut avoir besoin. S’il est un exemple de cette conversion pieuse des simples, l’Angélique médicinale, importée de Scandinavie reçoit au XII ème siècle le nom de « racine du Saint- Esprit » ou « plante des anges » : elle permet, dit-on, de résister à la fois à la peste et aux envoûtements.

L’ambivalence de la connaisance des simples conduit à des exactions politiques liées à l’Inquisition catholique. Nul ne peut ignorer les vagues de procès en sorcellerie qui embrasent l’Europe  de la fin du Moyen Âge  au tournant du XVIIème siècle : quelque 80 000 féminicides  y sont décomptés. Cette inquisition violente qui  correspond à l’émergence du protestantisme et aux craintes d’hérésie qu’il suscite, violente des villageoises mais aussi des  femmes nobles ou bourgeoises, telles Merga Bien ou Sidonia von Brocke. L’extraordinaire film réalisé  en par le danois Benjamen Christiensen La Sorcellerie à travers les âges  donne un tableau saisissant de cette persécution des femmes, perçues comme les parentes “sauvages” de la Nature et de ses forces obscures.  

FEMMES & FORÊTS (2)

Second épisode : De l’imaginaire celtique à Mélusine

L’Histoire de l’Europe va se reconfigurer par l’arrivée des peuples Celtes, qui, au contraire des Méditerranéens, pratiquent une astrologie végétale, dont on retrouve aussi des traces en Afrique du nord, dans l’astrologie berbère.

Ces peuples d’origine indo-européenne se sont étendus dans la partie occidentale de l’Europe entre le VIIIe siècle  (av. J.-C). et le VIIe siècle (apr. J.-C), avec des variantes germaniques telle qu’en atteste leurs noms écrits par César lors de la Guerre des Gaules.

 En l’absence d’écrits, les vestiges archéologiques attestent de survivances matriarcales : la femme Celte peut, (à l’inverse de la femme romaine qui ne possède que des droits restreints), arbitrer des conflits politiques, assumer des tâches de prophéties et de guérison, en druidesses égales des druides. À Rome, la femme est dite “sauvage”, tandis qu’en Gaule et sur les territoires contrôlés par les Celtes, cette “sauvagerie” est une qualité qui la rapproche de la vie originelle. Parmi les déités féminines associées à la guerre et à la prédiction, la déesse Morrigan préside aux batailles, avatar de la mère de tous les dieux : Brigit ou Brigzntia. Cette haute déesse, analogue à la Gaïa grecque, est aussi protectice des arts, est patronne des  druides, des bardes (poètes), des vates (divination et médecine) et des forgerons. Elle est décrite comme une déesse triple ; elle a deux sœurs qui s’appellent elles aussi Brigit. Ce sont Brigit la forgeronne et Brigit la poétesse, elle-même étant guérisseuse. Cette triple fonction se retrouve aujourd’hui dans le panthéon vodou dont les Antilles, et particulièrement Haïti, portent encore la trace. 

La société celtique considère que la Nature préside au politique : certaines zones frontalières entre tribus correspondent à des éléments naturels, comme  les cours d’eau ou les reliefs boisés du terrain. Les Celtes accordent une attention particulière aux forêts tribales, gérées par des populations qui les révèrent. La pratique des forêts-frontières  ritualise le paysage forestier : dans une relation de voisinage négociée, les peuples celtes banalisent une  bande forestière de largeur variable, sur leur frontière commune, en considérant que celle-ci était dédiée aux Dieux. Dans cet espace neutralisé, on érige un sanctuaire religieux commun, un nemeton, domaine des druides (et des druidesses)  des deux tribus. La traversée en armes de cette zone était interdite.

 De ce fait, des déités veillent sur les forêts jusqu’à leur donner leur nom : la déesse Abnoba protège le mont où (selon historiensTacite et Pline), le Danube prend sa source. Abnoba est aussi patronne de la Forêt-Noire : Abnoba Mons ou Abnoba silva. Elle est une divinité topique celte de la faune à l’instar de la déesse Arduinna (nommée Diana Arduina par les Romains)  , à l’origine de la dénomination des massifs forestiers des Ardennes. Ainsi la forêt-frontière était un espace de paix dédié à la spiritualité féminine, qui apaise les conflits de voisinage. L’historien romain Tacite évoque la figure de la druidesse germanique Velléda, qui, dans le premier siècle avait  des dons de prophétesse (Veleda signifie “la voyante”) mais aussi de cheffe politique jusqu’à sa capture par les Romains. . 

Cette place de la femme dans la société celte se retrouve au travers  des cycles littéraires  postérieurs, tel le cycle arthurien avec les fées Viviane et Morgane. Morgane serait une variante gaélique de Morrigan et les deux personnages peuvent se transformer en oiseau, particulièrement en corneille, qui est l’oiseau de la mémoire.

Mélusine

Figure mythique brillante, Mélusine est une fée française aux origines celtes, dont la popularité perdure jusqu’à l’époque moderne autour du roman de l’Astrée.  Mélusine est dite parfois « Méloursine », ce qui évoque la Grande Ourse, la Polaire, impliquant qu’elle guide vers la lumière. Mais elle est dite également Mélousine :  le mot « oues » désignait jadis l’Oie. Il y avait jadis à Paris, une « rue aux Oues », déformée par la suite en « rue aux Ours ».

 Cette fois elle présente la facette de la « Mère Loi », gardienne de la Loi Cosmique. Les fées ont le pouvoir de métamorphose animalière, selon la tradition ancestrale chamanique. En un mot, cette fée cosmique de la lumière et des eaux qui n’est pas sans lien avec les Nonnes, Nornes ou Parques du destin géco-latin. Dans Les Amitiés Foréziennes et Vellaves(n° 15, 1923) Antonin Bertrand écrivait que dans ces contrées la fée portait le nom de Mélicine « la Tisseuse » ou la Tisserande.

La tradition des fées gauloises est issue de ces femmes de pouvoir gauloises, irlandaises ou germaniques,dont la renommée connait de multiples avatars : les récits de Mélusine  sont pourtant bien ancrés en Auvergne comme en Bretagne.

Mélusine en effet, est un fée – vouivre, épouse  du comte Robert ou Raimondin,  qui l’aide à bâtir selon la légende, les villes du Forez. On retrouve Mélusine dans l’Allier comme dans les Bouches-du-Rhône, dans la Vienne ou dans les Vosges. Selon la légende qui tente d’accorder la Bretagne à l’Auvergne, le chevalier Hervé de Léon  quitte sa contrée parce que le roi des Bretons le tient pour responsable de la mort de son neveu. Le proscrit  arrive sur les hautes montagnes voisines des sources de plusieurs grands fleuves. La contrée n’est pas habitée, si ce n’est par une belle dame qui, près d’une source, lui accorde ses faveurs. La légende arverne est presque identique : Mélusine à la fontaine s’éprend du comte Raimondin de Lusignan, après que celui-ci ait été proscrit du Poitou. Ensemble, ils défrichent, bâtissent  plusieurs forteresses,  créent des villes et en peu de temps, la région, devient prospère. Se pose alors la question de donner un nom à  cette terre et comme ils l’avaient trouvé couverte de forêts ils la baptisent Forez… Raimondin, forçant l’interdiction faite par Mélusine de la voir le samedi, découvre la métamorphose animale de son épouse en serpent ailé. Tandis que la fée qui n’a pas achevé sa métamrphose s’enfuit dans les airs,  ses dix enfants gardent au corps une marque animale. 

Ecoutons Henri Dontenville, historien de la mythologie française :

« Mélusine est une divinité apparentée à  la notion de lumière. La France compte des toponymes partout semblables, Lusignan, berceau de Mélusine, Lézignan, Lésigneux, Lusigny… dans lesquels transparaît la notion de lumière, de blancheur, de clarté, caractéristique qui conviendrait à  cette déesse Lucine, correspondant à  Lucie. Il rappelle que cette parenté avec la lumière trouve écho dans les noms de Luxembourg par exemple ou Lusitanie (Portugal), le dieu Lug des anciens Celtes et tous les noms géographiques qui en découlent. »

À propos des origines mythiques du Forez, né de la rencontre d’un chevalier errant et d’une dame lumineuse, l’écrivain auvergnat Honoré d’Urfé  (son roman de l’Astrée  est écrit entre 1607 et 1627), propose une autre version en faisant du Forez un lac qu’assécha Jules César et qui fut gouverné ensuite par la reine Amasis, au nom de la déesse Diane. Honoré d’Urfé  reprit aussi le thème de la fontaine de Mélusine qu’il nomma fontaine de la Vérité d’Amour.  Grande figure de « la fée à  la fontaine », un des deux archétypes dégagés par le médiéviste Pierre Gallais  (cf La fée à la fontaine & à l’arbre,un archétype du conte médiéval merveilleux,1992), Mélusine est à  rapprocher d’Ondine, une fée aquatique. Mélusine, réunissant des attributs de la Nature créative et de la fertilité, demeure cette fée céleste et sylvestre dont le souvenir irrigue l’Auvergne. Les chapiteaux du Puy en Velay, de l’abbaye de Chanteuges portent des sculptures de femmes- sirènes… et d’hommes sangliers. 

FEMMES et FORÊTS (1)

une histoire longue ….

Cet article est issu de la conférence de Sylvie DALLET donnée lors du Festival des Arts Foreztiers 2020.
Il est découpé en chapitres dont voici le premier, consacré à la Préhistoire et au monde gréco-latin.

Bertha Wegman (1847-1926)

 Pour en comprendre l’évolution, il faut penser la comparaison dans l’espace et dans le temps.

Des profondeurs du temps, les femmes jouent un rôle fondamental dans la conservation des forêts et ceux pour plusieurs raisons qu’il convient de définir ou de rappeler. La forêt est à la fois un refuge et un lieu de nourriture abondante de racines, de champignons de plantes et de graines, pour celles qui savent en reconnaitre les vertus.  La première partition des tâches concerne sans doute concerne cette glane des espèces végétales comestibles ou curatives, alors que la chasse mobilisait plutôt les hommes, mais sans exclusive. Selon la végétalisation des sols, les femmes ont assuré, au sein des communautés, des tâches spécifiques qui, du soin au nourrissage, dépendaient en grande partie de la manne  forestière.

La Protohistoire du 6eme au 4eme millénaire avant notre ère, ’inscrit sur une vaste période, dont les connaissances évoluent  au gré des études de terrain, mais aussi, comme pour l’étude du monde vivant, en fonction des modes et des idéologies du temps présent. La préhistorienne américaine d’origine lituanienne, Marija GIMBUTAS (« Le langage de la déesse ») a révolutionné l’approche classique sur un espace  flou qu’elle appelle « la vieille Europe » :  attentive à la permanence des cultes agraires, elle a procédé à des inventaires minutieux qui révèlent des cultes à la Grande déesse sous des formes diverses : ourse, serpent, oiseau, autant de métamorphoses significatives du féminin protohistorique.

 Cette longue période va est brutalement confrontée à des migrations de peuples nomades Kourganes, venus à cheval et sans grande considération pour les populations liées au végétal.
La rupture s’effectue en effet par l’arrivée de ces « peuples à tumulus » venus de la région de la Volga  (sans doute plus loin encore), modelant de leurs rites l’espace indo-européen  d’une empreinte qui s’exprime entre – 2800 ans et 1500 ans. Issus d’une tradition migrante, ils vont se heurter, puis partiellement se fondre à une population  aux rythmes agraires, dont les cycles de fécondité étaient accolés à la puissance d’enfantement des femmes. Si l’espace européen des plaines ne peut résister à ces arrivants, les îles méditerranéennes présentent encore des formes archaïques liées à la période précédente : en Crète pour exemple, l’archéologue relève des figures de déesses dansantes, liées aux cycles de la végétation. .

 Sur cet espace-temps distendu, les informations se précisent désormais permettant des comparaisons fécondes.  Les plus anciennes expressions du divin mentionnent la déesse Oiseau et déesse serpent qui métamorphosent la matière ou l’élèvent. L’étoffe dont on fait les rêves est une matière végétale qui est très tôt transformée par le tissage. La dame au filet apparait sur des gravures ou peintures rupestres : elle qui est à l’origine de la Terre, dans sa fécondité reproductrice devient la déesse fileuse, tisserande et déesse du destin, de la métamorphose et des arts.

 Outre ces représentations, la déesse mère Reine des Montagnes et maîtresse des animaux sur des appellations récurrentes telles que  la Grand-mère Ourse, ou la  patronne des bisons des cerfs et des lions. En effet,  les mots anciens témoignent des racines communes : Bher  signifie enfanter  et l’anglais qui en dérive bear, signifie l’ourse. L’analogie des cycles explique aussi l’analogie des expressions consacrées : les bisons portent neuf mois…

Gardienne des ressources de la forêt, le thème de la femme sauvage est associé aux attributs  animaliers tels que: tête de taureau, abeille, papillon, grenouille, crapaud, hérisson… que l’on retrouve sur différents légendaires.

Les Grecs et Romains conservent ces filiations à la fois dans l’étymologie et la reconnaissance de  parité des dieux et des déesses.

Dans l’Antiquité, la femme  et la sylve  sont des noms féminins de même que la nature

 Plusieurs récits mentionnent cette filiation de la femme et de la forêt. Le poète Ovide mentionne que Callisto, suivante de Diane est transformée en ourse…. Tandis qu’Artémis et Athéna portent des attributs animaliers.   

La croyance des peuples gréco-romains en l’existence réelle de divinités forestières aurait eu pour fonction de les empêcher de détruire les forêts car pour couper les arbres, il leur fallait d’abord consulter les ministres de la religion et obtenir d’eux l’assurance que les dryades avaient abandonné la forêt qu’ils comptaient couper.

Les dryades ont l’apparence de très belles jeunes filles et incarnent la force végétative des forêts dans lesquelles elles peuvent errer en liberté nuit et jour. L’antique Dryade est à la fois  issue de la mythologie du chêne (force et longévité) et celle du jardin des Hespérides (le jardin de la fécondité; planté de de pommiers aux pommes d’or, offert par la Terre-Mère Gaïa, lors des noces de Zeus et d’Héra)  ; La tête portait souvent une couronne en feuilles de chênes et elles tenaient parfois des branches d’arbres portant leurs feuilles et leurs fruits. En tant que gardiennes des forêts, les nymphes étaient parfois représentées avec une hache entre leurs mains, afin de punir ceux qui s’attaquaient aux arbres dont elles avaient la garde.  D’autres représentations de dryades vêtues d’une étoffe vert foncé, avec des chaussures en écorce d’arbre.

Dépeintes comme les divinités mineures protectrices des forêts et des bois, elles étaient aussi fortes et robustes que fraîches et légères et formaient des chœurs de danse autour des chênes qui leur étaient consacrés. Elles pouvaient survivre aux arbres placés sous leur protection car contrairement aux hamadryades, elles n’étaient pas liées à un arbre particulier.

Ces nymphes étaient représentées dans l’art sous forme de femmes dont la partie inférieure du corps se terminait par une sorte d’arabesque dont les contours allongés figuraient un tronc et les racines d’un arbre. La partie supérieure du corps était nue et simplement ombragée par une chevelure abondante flottant sur les épaules de la nymphe, au gré des vents.

Éthiques & mythes de la création, retour sur le Festival 2020

Entre juillet et septembre, la communication sur le Festival des Arts Foreztiers s’est surtout exprimée parle médium de Facebook. Nous revenons à un moment parisien du 3 octobre 2020 qui nous permettra de faire un premier bilan du Festival 2020 riche en émotions et en découvertes.

Cet événement est organisé par l‘Institut Charles Cros, créateur, puis partenaire du Festival et le Centre d’Histoire culturelle des Sociétés contemporaines (Université de Paris Saclay). Il s’agit d’une rencontre du séminaire « Éthiques & mythes de la création », qui, animée pr Sylvie Dallet, professeure des universités (présidente de l’Institut Charles Cros et du Festival) se déroulera le 3 octobre 2020

Site de référence : http://www.institut-charles-cros.eu

au 24 rue des écoles à Paris, de 10 à13 heures.

Pourquoi cette première rencontre ?

Le séminaire ÉTHIQUES et MYTHES de la CRÉATION (EMC) explore l’imaginaire qui préside à la création des savoirs.Pour ce faire, il conjugue concrètement des expériences artistiques et de terrain avec des exposés théoriques dans une perspective de compréhension globale des processus créatifs.

Cette confrontation transdisciplinaire associe les images, les sons avec les diverses formes de l’écrit, désormais transformés par les arts de l’enregistrement, qui sont des relais. Notre société démultiplie ces relais, qui sont des échos, des matières à narcissisme, mais aussi qui contribuent à réinventer des liens de proximité, enchâssés  dans notre existence par des processus mythiques. Il convient d’examiner cette fluidité mythique qui se transforme et perdure au travers des médias. Pourquoi associer l’éthique avec la création ?  ’éthique est une dynamique forte qui conjugue les arts, les sciences et la perception que chacun se fait de la construction des savoirs et du vivre-ensemble. L’éthique devient la ressource secrète de la création, dans une démultiplication d’aventures, de figures et de postures paradoxales, de la communion à la transgression des valeurs.

Le séminaire Éthiques & mythes de la création, présenté par l’Institut Charles Crosetle Centre d’Histoire Culturelle des Sociétés Contemporaines(EA 2448, université de Versailles St-Quentin, UVSQ),  correspond à un rendez-vous scientifique pérenne, lié au projet international de recherche «Éthiques de la Création».  

Le séminaire se déroule dans l’espace Harmattan, 24 rue des écoles à Paris, dans le respect des gestes barrière.

Pour toute question et inscription (le séminaire est d’entrée libre, dans la limite des places disponibles),  courriel : sylvie.dallet@uvsq.fr

Samedi 3 octobre                           

Séance :« Résistances culturelles à la pandémie (l’exemple du Festival des Arts Foreztiers) » séance de matinée de 10 heures à 13 heures.              

         La séance du 3 octobre 2020 fait le point sur la dynamique du Festival de création des Arts Foreztiers,maintenu sur le village de Chavaniac-Lafayette en juillet 2020 malgré les inquiétudes institutionnelles liées à la circulation de la pandémie. Cette résistance à la peur a suscité une véritable expérience collective artistique et de parole autour du thème : La forêt nourricière. Ce Festival de plein air a, en effet,  réuni un public enthousiasteautour d’une soixantaine d’artistes et conférenciers. Le séminaire Éthiques & mythes de la création a, pour cette occasion,  été délocalisé dans le village, autour de quatre conférences spécialisées.
En convergence, le séminaire du 3 octobre accueille aussi  une conférence russe sur l’expérience de Tseh Knigi, atelier de livres d’artistes liées à l’espace forestier.

 

  • introductionSylvie DALLET  :  « La forêt nourricière, ses mythes et ses enjeux. Le Festival des Arts Foreztiers et sa légitimité culturelle et environnementale en période de crises et de contraintes sanitaires.  Le rôle du site internet  (www. lesartsforeztiers.eu) et des relais Facebook » 

Sylvie Dallet a fondé le Festival des Arts Foreztiers en 2010 sur un village altiligérien de montagne. Cette manifestation estival se déroule en biennale        sur différents lieux ouverts du village et réunit artistes et conférenciers autour de thèmes lié à la forêt : L’arbre du milieu du monde, Bestiaire enchanté, botaniques célestes et en 2020, La forêt nourricière…

Sylvie Dallet, professeure des universités (Arts) est, par ailleurs, membre du Conseil d’orientation, de recherche et de prospective (CORP) de la Fédération des Parcs Naturels Régionaux.

Les témoignages sur l’expérience des Arts Foreztiers  depuis dix ans: certains artistes seront présents (Virginie BOURSETTE, Albert DAVID, Bérengère d’ORSAY, Olga KATAEVA-ROCHFORD, Céline MOUNIER, Élisabeth TOUPET….)

                   Une présentation d’un collectif russe  TSEH KNIGI, un Atelier de livres d’artistes ( http://www.laforesta.co/visual-strolls, par Sara MAGAMBETOVA, cofondatrice de ce collectif, peintre, scénariste et écrivaine, passionnée de céramique et de travail du bois. La galerie web des deux artistes fondatrices, correspond à une réflexion collective sur les forêts. 

Festival des Arts Foreztiers, programme

 Le Festival de création des Arts ForeZtiers explore les expressions artistiques qui témoignent du respect envers la forêt et le Forez, dans la diversité des expressions contemporaines (arts plastiques, danse, photographie, vidéo, film, installations, musique, poésie, etc…). De 17 au 20 juillet, le thème de la Forêt nourricière est à l’honneur par une cinquantaine d’artistes exposants et conférenciers.

En juillet 2020, le Festival fête son dixième anniversaire …. un programme un peu modifié en raison de la pandémie( pas d’invitations internationales), mais encore plus stimulant pour nous faire réfléchir …

Plusieurs lieux du village de Chavaniac-Lafayette (43) en salles ouvertes et en extérieur, dont le jardin de la Ferme Saint Éloi, les entrepôts du Prévent et la salle des fêtes accueillent les œuvres, des performances et installations, une buvette, un espace de plein air pour les ateliers de lecture ou de création.

Les visiteurs déambulent naturellement d’un lieu à un autre, un bénévole (souvent l’artiste lui-même) se consacre, sur certaines plages horaires, à l’accompagnement de visiteurs en leur présentant les différents événements et œuvres, dans le respect des gestes barrière (et mise à disposition de gel et masques).

Expositions

sur les différents lieux du Festival……

La galerie terres d’Aligre, dédiée à la céramique contemporaine et aux métiers d’art, présente une exposition collective sur le thème de La Forêt Nourricière.

Chaque artiste s’est emparé du thème avec sa démarche créative personnelle, son univers esthétique et ses savoir-faire : assiettes et plats décorées façon Forêt Nourricière, sculptures d’arbres, de graines, bogues, faînes et autres gibiers ! Des œuvres murales ou à disposer comme chemin de table… Une projection vidéo « des Marches » de Lou Perdu sera projetée en en continu.

Dans la salle des fêtes de 10h à 19h, du vendredi 17 au lundi 20 juillet 2020.

Exposition de photographies liées aux métiers du bois : en coordination avec le thème du Festival, l’association mémoire de Chavaniac Lafayette,  Adrienne & Eugénie présentera des photographies liées aux métiers du bois.

Gustave Courtet présente dans la cour gazonnée de la salle des fêtes les samedi 18 et dimanche 19, une démonstration de moissonneuse miniature de sa création.

Salle des Fêtes : de 10 heures à 19 heures du vendredi 17 au lundi 20 juillet.

Expositions des œuvres plastiques et sculptures, installations et vidéos

Ferme Saint Éloi et remises & entrepôts du Prévent

Tous ces espaces sont soit en plein air, soit ouverts largement pour permettre la promenade devant les oeuvres.

Librairie :

La librairie terres d’Aligre présente un choix de livres sur le thème du festival. Les livres de la Clairière sont prêtés par la Bibliothèque de Montreuil.

Dans la salle des fêtes de 10h à 19h, du vendredi 17 au lundi 20 juillet 2020.

Animations créatives :

La situation du festival, en déambulation libre,  nous semble propice à expérimenter de nouvelles pratiques, une autre approche pour se déplacer, rencontrer et échanger avec les autres, se croiser, attendre son tour à la buvette… gestes si ordinaires que nous accomplissons spontanément, automatiquement et qui tout à coup doivent être incarnés, pensés, reconsidérés dans la distance. Nous devons partager une culture d’après la pandémie, dans le respect des gestes barrière comme une nouvelle danse…

En journée :

S’il te plait, lis-moi cette histoire…

À la Clairière, les jeunes et moins jeunes enfants peuvent retrouver ou découvrir l’univers imaginaire de la forêt à travers les contes, les histoires, les images et de belles illustrations. Ils pourront lire, feuilleter et… demander à Claire de leur lire l’histoire qu’ils auront choisie.

Dans le jardin devant la salle des fêtes de 10h30 à 12h30 et de 15h30 à 17h30, du vendredi 17 au lundi 20 juillet 2020.

Des Marches

Depuis plusieurs années lors de ses promenades dans la forêt Lou Perdu réalise de courtes vidéos.Elle a mis au point un scénario qu’on retrouve dans chacune des séquences.  L’appareil photographique, dirigé vers le sol, est tenu avec les deux mains au niveau du ventre. La vidéo débute par une vue du sol et de ses pieds. Puis Lou se met en marche et lève petit à petit son objectif jusqu’à la dernière image qui clôt la séquence.

Dans la salle des fêtes, vidéos en boucle de 10h à 19h du vendredi 17 au lundi 20 juillet 2 et exposition de photos.

Promenade Biopoétique

Cette promenade au travers le village sera animée par le conteur et biologiste Christian GrenouilletFleur de Centaure qui nous fait découvrir des végétaux ignorés. Cette déambulation inspirée ne doit pas dépasser trente personnes.

Rendez-vous  dimanche 19 juillet à 11 heures, Ferme Saint Éloi. La promenade contée dure environ 80 minutes, participation 10 euros par adulte.

Inscriptions : artsforeztiers@orange.fr

Peindre ensemble

Un classique des Arts Foreztiers depuis sept années… le grand tableau collectif du dimanche 19 juilleten après-midi rassemble les artistes avec le public, convié de participer au tableau collectif, conçu sur le thème de l’année.

Jardin de la salle des Fêtes.

Animation peintures tuiles « Visages de l’Humanité » animé par Martine Guitton.

Jardin ferme Saint Éloi, matinées.

Visite guidée de l’exposition, en présence des artistes, par une conférencière du SMAT Pays d’Art et d’Histoire

Rendez vous Ferme Saint Éloi samedi 18 juillet, à 14 heures 30

En  fin de journée et soirée

Animations musicales de plein air

Le samedi 18 

Des chants avec Céline Mounier ; des musiques électroniques inspirées de l’énergie des plantes avec Albert David.

Ferme Saint Éloi (jardin) à partir de 18 heures 30

Le dimanche 19

Kora, piano et marionnettes, avec Zakaria, Ahmad Ouedraogo, Fabien Auréjac

Ferme Saint Éloi (jardin)  à partir de 18 heures 30.

Des conférences / dialogues

Rencontres et dialogues sur l’alimentation, métiers du bois, déforestation & cultures industrielles, forêt des contes, femmes & forêts….

Les  conférences se déroulent à 16 heures, à la Ferme Saint Éloi en plein air où, s’il pleut, dans les entrepôts ouverts du Prévent.

La promenade et la cueillette sont des activités qui expriment notre désir de garder ou retrouver le lien avec « des choses simples ». Certaines se sont transmises à travers les siècles : reconnaître les plantes comestibles des non comestibles ! D’autres notions ont en partie disparu : éviter la cueillette excessive, choisir le meilleur moment pour cueillir…

Vendredi : « Cueillir la montagne »

Le sociologue spécialiste de la Margeride, Martin de la Soudière abordera différents aspects de la cueillette et les différentes facettes des cueilleurs / cueilleuses d’aujourd’hui. Il parlera des myrtilles, des champignons, des lichens… Son livre « Cueillir la Montagne » (coécrit avec Raphaël Larrère) est un de ses premiers ouvrages. les textes seront lus par le comédien Gérard Lefort.

Samedi : «  Femmes & forêts, les mythes »

Sylvie Dallet, professeure des universités (arts) , autrice, membre de la Société internationale de Mythanalyse et du Conseil d’Orientation, de recherche et de Prospective de la Fédération des Parcs Naturels Régionaux,  amorce un dialogue sur les femmes et les contes & récits de la forêt. Sylvie Dallet a crée le Festival des Arts Foreztiers en 2010. En 2020, les deux tiers des artistes qui exposent ou performent au Festival des Arts Foreztiers sont des créatrices.

Dimanche : « Une Forêt jardinée »

L’association « Et Pourquoi pas » (Blassac- Haute Loire) sur l’art et la manière de s’y lancer… Comment concevoir et préparer une forêt jardin. 

En la présence de Nathalie Boudoul, vice-présidente du Parc Naturel Régional du Livradois Forez, qui compte la commune de Chavaniac Lafayette parmi ses membres.

Lundi : « Sylviculture et transformation du sauvage»

Avec Gautier Blanc, technicien au Centre régional de la Propriété forestière (Communauté de Communes des Rives du Haut Allier). Il abordera les métiers du bois et de la régénération forestière.

Artistes, conférenciers et partenaires

Les numéros ( ) correspondent aux départements d’origine des artistes

ARTISTES EXPOSÉS

Sculptures céramiques

Cécile Auréjac (43), Dominique Bajard (42), Nicole Crestou (18), Céline Danet (77), Jean-Michel Doix (89), Fany G (18), Émilie Gavet (18), Jocelyne Guérin (19), Marie-Pierre Lamy (76), Élise Lefebvre (87), Blandine Leroudier (42), Céline Linossier (43), Bérengère d’Orsay (75), Isabelle Poupinel (75), Mélodie Meslet-Tourneux (67), Marie Rancillac (75), Marlène Réquier (91), Marie-Lucie Trinquant (89), Magali Wagner (69)

Sculptures métal, bois et textile

Rosine Astorgue champignons tissés, Matthias Cazin et Zetwal découpe tôles (43), Gustave Courtet (43), Élisabeth Toupet tissages & textiles herbes (28), Yzo (sculptures métal et écorces) (07)

Plasticiens (techniques mixtes)

Véro Béné (43), Virginie Boursette (42), Magali Cazo (75), Lou le Cabellec (75), Diane Cazelles (43), Sylvie Dallet (43), Tamara Ivanda (43),Olga Kataeva (95), Félix Monsonis (43), Mélanie Pasquier (49), Fabienne Recanzone (43), Eddy Saint-Martin (43), Suzy Tchang (75)

Photographies, installations, Musiques, Poétiques

Fabien Auréjac, Danielle Boisselier (69), Albert David (94), Faezeh Firoozi (75), Lou Perdu (75), Marie Lafont (43), Pascal Masson (43), Ahmad Ouedraogo (43), Céline Mounier (94), Zakaria (63)…

Animations et Conférences

Lou Perdu (75)  : vidéos « Des Marches »

Claire Blatchley (93) : « S’il te plait, lis moi cette histoire, la Clairière »

Christian Grenouillet (43) : « Promenade biopoétique »

Martine Guitton : ateliers enfants tuiles/forêt nourricière

Martin de la Soudière : « Cueillir la montagne »

Association « Et Pourquoi pas ? »

Gautier Blanc, Centre Régional de la propriété forestière des Rives du Haut Allier et PNR Livradois-Forez

Sylvie Dallet, Présidente du Festival.

PARTENAIRES

Association « Adrienne & Eugénie » (43) 

Centre Régional de la propriété forestière de la Communauté de Communes des Rives du Haut Allier (43)

Institut Charles Cros (www.institut-charles-cros.eu)  (93)

Institut Universitaire Technologie –MMI Champs sur Marne (77) – affiche réalisée par Jules Cointrel.

CHCSC/Université Paris Saclay (94) 

Bibliothèque de Montreuil (93

Moulin Richard de bas (www.richardedebas.fr) (63) 

Parc Naturel Régional du Livradois-Forez

Terres d’Aligre (terres-d-aligre.over-blog.com) (terresdaligre@orange.fr) (75)

Vivadesign (43)

Le Festival, espéré

Nous suivons les annonces du déconfinement avec toute l’attention nécessaire. Cependant, nous ne pourrons cette année accueillir les artistes internationaux comme nous souhaitions le faire.

Pour notre dixième anniversaire, nous espérons que les collectivités locales nous apportent un vrai soutien afin de relancer l’action culturelle,  dans une déambulation libre et inspirée par ce nouveau thème de l’actualité :

FORÊT NOURRICÈRE…

Un projet s’élabore sur le thème du banquet, avec notre partenaire la galerie d’art et de céramiques Terres d’Aligre (Myriam Bürgi) , avec qui nous avions déjà travaillé en 2018. Les céramistes sont déjà à l’ouvrage : Cécile Aurejac, Nicole Crestou, Jean-Michel Doix, Fany G, Jocelyne Guérin, Marie-Pierre Lamy, Blandine Leroudier, Céline Linossier, Marie Rancillac, Émilie Gavet, Élise Lefèvre, Berengère d’Orsay, Mélodie Meslet-Tourneux, Marlène Requier, Marie-Lucie Trinquant, Magali Wagner, ….

Les nouveaux venus de la Forêt nourricière, peintres et plasticiens préparent leurs oeuvres : Virginie Boursette, Natacha de Badké, Magali Cazo, Clara Crespin, Faezeh Firoozi, Tamara Ivanda, Lou le Cabellec, , Matthias Cazin, Mélanie Pasquier, Yzo, Pierre Vermersch….

Et les conteurs, performeurs, liseurs tels quepierre vrmesch Claire Blatchley (« récits de la Clairière »), Christian Grenouillet (« Promenade biopoétique »), Nicole Barrière, Martine Guitton (« ateliers foreztiers »)..

Des films et des vidéos, avec Carole Contant, Lou Perdu, Vidéoformes….

Des années précédentes, nous reviennent Félix Monsonis, Olga Kataeva, Véro Béné, Pascal Masson, Danielle Boisselier, Albert David, Céline Mounier, Sylvie Dallet, Elisabeth Toupet, Rosine Astorgue, Fabienne Recanzone, Eddy Saint Martin, Suzy Tchang….

Nos partenaires : Crédit Mutuel, Terre d’Aligre, librairie La Grenouille, Hôtel de la dentelle, Moulin Richard de bas, Panoramique auvergnat, Viva design, Zetwal… nous contacter sur le mail : artsforeztiers@orange.fr

Les étudiants ont crée des affiches extrêmement inventives dont celles ci, très expressives et difficiles à départager : créations de Jules Cointrel (affiche qui a été choisie pour annoncer le Festival) , de Michelle O’Brien, d’Emma Guiglioni, d’Antoine Assanvo, de Mélodie Chan, d’Aubin Olivrie, de Virgile Mendes, de Julie Saint Martin, de Yasmine Kourichi

Vos pouvez nous écrire pour donner votre avis sur ces créations !

Feuilles du confinement : les Hemos

Nous sommes confinés en nos murs, les nôtres et nos réseaux sociaux, la forêt resplendit, la pollution s’abaisse et les animaux curieux de notre comportement se hasardent dans les villes : cerfs en Grande Bretagne, sangliers à Fontainebleau et à Barcelone, canards avenue de l’Opéra à Paris, il n’est pas de jour où un oiseau étonné vient gazouiller à nos fenêtres. Le vivant vient à nos portes, curieux de l’expérience que le virus nous apporte.

Au Japon les cerfs sont sortis du parc de Nara pour excursionner en ville, tandis qu’à Carnac, les cygnes et les cervidés explorent nos plages désertes. En Malaisie, des groupes de singes affamés, naguère nourris par les touristes, parcourent les rues, n’hésitant pas rentrer dans des commerces aux portes disjointes. En Pays de Galles, des chèvres baguenaudent la nuit sur les jardins des cottages, se régalant des fleurs. Au Sri Lanka, le cerf axis se hasarde en ville, d’un pas assuré.

Les cerfs migrants de Richmond Park prennent possession des jardins de Londres et, en France, on a photographié hier deux téméraires qui exploraient la banlieue de Boissy Saint-Léger.

« C’est une parenthèse enchantée dans la relation entre l’Homme et la nature », souligne Pierre Dubreuil, directeur général de l’Office français de la biodiversité (OFB). Le ralentissement sans précédent des activités humaines profite à la biodiversité. Dans la capitale, la chute des pollutions de l’air, sonore et lumineuse « permet par exemple aux oiseaux de mieux réguler leur rythme journalier, d’avoir moins de stress », explique Pénélope Komitès, adjointe à la maire de Paris en charge de la biodiversité et des espaces verts. « Avant, ils devaient décaler leur chant à cause du bruit des activités humaines dès six heures du matin. ». Anne Drevon, qui vit rue Montorgueil au coeur de Paris, nous raconte qu’elle entend son quartier, naguère le haut lieu de l’épicerie de bouche, redevenir forêt sonore.

Sur les routes, la diminution drastique de la circulation devrait largement profiter aux amphibiens, se réjouit Allain Bougrain-Dubourg, président de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) : « Des dizaines de milliers de crapauds et grenouilles sont écrasées chaque année, surtout en période de reproduction en février et mars, donc moins de voitures signifie moins de collisions, espère-t-il. Idem pour les hérissons, dont 1,8 million meurent tous les ans sous nos voitures. » Les conducteurs et promeneurs se font plus rares, mais également les chasseurs. « Dans un premier temps, la Fédération nationale des chasseurs (FNC) semblait avoir obtenu du ministère des possibles dérogations en cas d’“enjeu sanitaire”, par exemple contre les sangliers ou les corbeaux », dénonce Madline Reynaud, de l’Association pour la protection des animaux sauvages (Aspas). À la suite de protestations multiples, la chasse a finalement été totalement interdite, ainsi que le piégeage, le gardiennage et l’agrainage du gibier.

Un article très documenté de Lorène Lavocat pour le journal en ligne Reporterre, rappelle que « le coronavirus aurait été transmis aux humains à travers le pangolin et par une espèce de chauve-souris, dont les habitats sont peu à peu détruits par la déforestation. Du fait de la destruction des écosystèmes, « des animaux sauvages se retrouvent de plus en plus sur des territoires restreints, en contact plus souvent que prévu avec les humains et leurs animaux domestiques,résume Serge Morand, écologue spécialiste des liens entre biodiversité et épidémies. « Des contacts improbables se créent entre les humains, leurs animaux domestiques et des bactéries ou virus qui vivent avec la faune sauvage, avec des possibilités de passage accrues vers l’animal domestique et l’humain. » Reporterre reviendra dans les prochains jours sur les leçons écologiques à tirer de l’épidémie. « L’épidémie ne révèle rien, mais elle nous met dans une posture où l’on ne peut plus faire comme si on ne savait pas », conclut Vinciane Despret, anthropologue et autrice de Habiter en oiseaux (Actes Sud, 2019). »

À Chambord, biches, balbuzards et aigles bottés reprennent leurs territoires paisiblement, sans l’afflux des touristes qui les avaient fait fuir. Des paons se promènent à Rézé. À Courchevel dans les Alpes, on a vu un loup explorer les pistes de ski. Dans le parc des Calanques, hérons cendrés et fous de bassan, osent s’aventurer sur des espaces humains, désormais déshumanisés par le retrait des hommes. Des témoignages affluent d’oiseaux de nuit sur les fenêtres, de renards près des habitations, de pumas qui déambulent, comme à Santiago du Chili.

Deux paons à Rézé


Les villes occidentales sont devenues en quelques semaines les improbables zoos que les animaux, par un subit retournement viennent visiter. Changeons donc le mot de Zoo, impropre puisque sa racine vient du grec « animal », en Hemo, ce vieux mot latin qui a donné humus, la terre. Les Hemos seront donc désormais ces lieux où les animaux viennent contempler les hommes confinés qui, par un étonnant retour, attendent cette improbable visite pour la commenter sur les réseaux sociaux.

Mais qu’arrivera t’il lorsque nous oserons retourner dans les rues et les forêts qui sont leur territoire ? Les chasseurs et la police vont ils accepter ces animaux en liberté dans le tissu urbain ? Et ne pouvons nous pas désormais, nous inspirer du modèle indien qui accepte la cohabitation urbaine avec les animaux ? Le Canada, l’Angleterre, les pays nordiques esquissent quelques timides acceptations d’animaux dans les parcs, mais qu’en sera t’il du reste du monde ?

Un puma égaré à Santiago du Chili

Pour recueillir des informations sur la cohabitation des animaux et des humains en Inde, cf. le blog de l’autrice Bénédicte Manier (un article de 2017)

http:/lindeaufildesroutes.blogspot.com/2017/09/cohabiter-avec-les autres-especes.html

Une dernière chose : pour nous écrire, nous les confinés qui espérons la forêt : artsforeztiers@orange.fr

N’hésitez pas à nous adresser vos expériences de la vie sauvage qui se renouvelle sous vos yeux et vos oreilles. Et préparons ensemble le thème du prochain Festival des ARTS FOREZTIERS : Forêt nourricière du 17 au 20 juillet 200..
Les villes deviendront elles, pour un temps, la forêt des bêtes ?

Les affiches du Festival arrivent avec le printemps

 Encore une fois, la situation de confinement que nous traversons, doit nous permettre une plus grande créativité… et peut être un peu de fantaisie et d’attention aux détails. Le printemps nous accompagne : observer par la fenêtre la nuit qui commence à montrer ses étoiles brillantes (la pollution francilienne décroît et fait concurrence au ciel limpide de l’Auvergne) est un spectacle nécessaire, de même que continuer à sourire et à réfléchir.
… Les Anciens disaient : dieu est dans les détails.. et c’est sans doute l’occasion de rééduquer notre regard  par l’attention que nous portons aux choses familières, familiales et vivantes. L’Art correspond à cette attention au monde qui se transforme.

Cet article va rassembler au fil de l’eau, les affiches que nous adressent les étudiants du DUT Multimédia de l’Université de Marne la vallée : ils continuent à préparer le Festival des Arts Foreztiers de 2020, confinés chez eux mais présents sur leurs ordinateurs. N’hésitez pas à faire des commentaires sur ce blog !

Après la première affiche de Julie SAINT-MARTIN et celle de Yasmine KOURICHI, incluses dans une précédente publication du blog des Arts Foreztiers,
Voici l’affiche de Minal LAD, très colorée et très gaie ! Un arbre au feuillage compact et cette étonnante couleur rose qui contraste avec le vert et le bleu … Serena LEANDRI imagine une verte frondaison de sapins altiligériens et autres arbres en silhouette, tandis que Minosoa ADRIANOMANANA fait chevaucher le programme sur les volcans, tandis que les fruits annoncent une belle récolte artistique ! Bravo les filles !

Ce jour, 27 mars, Robin RIVIÈRE nous envoie sa proposition d’affiche, axée sur les « bois noirs », ces sapinières qui parsèment les paysages d’Auvergne. Avec une belle courbe qui contraste avec l’horizon des sapins dans la brume !

Ce jour, 7 avril, Thibault PAULARD nous envoie sa proposition d’affiche, qui rajoute au logo du lézard, le vol joyeux de deux perroquets, qui, se pourchassant, symbolisent la vie entre les arbres !

Graphiste Minal LAD-
Graphiste Serena LEANDRI
Graphiste Minosoa ADRIANOMANANA
Graphiste Robin Rivière

Graphiste Thibault PAULARD